Matières premières : malédiction ou bénédiction ?

Les pays qui possèdent du pétrole, de l’or ou des diamants devraient être riches, pourrait-on croire. En réalité, c’est exactement le contraire qui se produit : les richesses du sous-sol sont une malédiction, car elles favorisent la corruption, les conflits armés et les atteintes à l’environnement. Pourtant, des solutions existent.

Même lorsque les prix fluctuent, la demande sur les marchés mondiaux pour du pétrole, de l’or, du cuivre ou des diamants demeure élevée. Les pays producteurs devraient donc en tirer profit. Or tel n’est pas le cas : plus un pays est riche en ressources naturelles, tout particulièrement sur le continent africain, et plus il s’enfonce dans la misère et les tensions politiques. Le Niger illustre parfaitement cette malédiction des matières premières : riche en uranium, en or et en pétrole, ce pays figure parmi les plus déshérités de la planète.

La transparence comme solution

Depuis plusieurs années, SWISSAID s’engage afin que les revenus issus de l’exploitation des matières premières dans les pays en développement servent réellement à améliorer les conditions de vie de la population. C’est pourquoi SWISSAID soutient des organisations issues de la société civile au Tchad, au Niger et en Guinée-Bissau, qui  s’engagent en faveur d’une gestion transparente des revenus générés par l’exploitation des matières premières.

Afin de pouvoir demander des comptes à leurs autorités, il est important pour les citoyens des pays concernés de connaître les montants que celles-ci ont perçus de la part des compagnies minières et pétrolières. Les Etats doivent donc rendre publiques ces transactions financières. Une telle transparence permet de combattre la corruption et de faire ressortir d’éventuelles anomalies dans les comptabilités nationales.

Campagne internationale pour la transparence

SWISSAID s'engage depuis de nombreuses années pour davantage de transparence dans les industries extractives. En Suisse comme dans les pays où elle est active, elle soutient deux initiatives internationales allant dans ce sens.

La première s’intitule Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE). Des Etats, des compagnies et des organisations de la société civiles y sont associés, de manière volontaire.  Pour faire partie de cette initiative,  les pays producteurs doivent se plier à un processus complexe. La Suisse est devenue membre de l’ITIE et soutient cette initiative depuis le 12 juin 2009 ; SWISSAID a mené un important travail de lobbying dans ce sens.  

La deuxième  initiative est la campagne Publiez ce que vous payez (PCQVP). Elle rassemble des organisations non gouvernementales et vise des buts semblables à l’ITIE. Mais elle fait un pas de plus en exigeant que la transparence des paiements entre dans la législation  au niveau national et international, afin qu’il soit possible de porter plainte. Les Etats-Unis, l’Union européenne, la Norvège et le Canada ont déjà adopté de telles lois. En Suisse, une loi est en préparation. SWISSAID s’engage pour qu’elle s’applique également au négoce des matières premières, qui domine le secteur en Suisse.