Crise de l’éducation en Colombie

L’heure de reprendre le chemin de l’école

Après la pandémie de Covid-19, les filles et les garçons de la commune de Sincé, dans le nord de la Colombie, ont dû reprendre le chemin de l’école. Un chemin non sans embûches. Pour aider les jeunes à retrouver le plaisir d’apprendre, SWISSAID leur propose des cours basés sur des méthodes d’apprentissage créatives, mais également un accompagnement psychosocial et des ateliers de sensibilisation à la lutte contre la violence.

En bref

Pays, région:
Commune de Sincé, département de Sucre, Colombie
Durée:
Avril 2022 – avril 2024
Bénéficiaires:
2638 écoliers-ères et 555 adultes
Budget total du projet:
202'431 CHF

But

  • Retour des élèves de Sincé à l’école
  • Renforcer leurs compétences et capacités d’apprentissage
  • Améliorer leur développement personnel et leur bien-être

Le taux d’analphabétisme s’avère élevé dans la commune de Sincé, au nord de la Colombie. Injustice et inégalité minent la région. Les ressources telles que la terre sont réparties de manière inégale, les femmes ainsi que les jeunes sont discriminé-e-s. Les gens doivent continuellement rechercher des sources de revenu pour assurer la survie de leur famille.

Dans ce contexte, moderniser le système éducatif et favoriser le bien-être des enfants ne figurent pas en tête de liste des priorités. L’infrastructure scolaire se trouve en mauvais état. Des conditions dont les élèves pâtissent.

Le département de Sucre est l’un des plus défavorisés du pays. L’indice de développement humain (IDH) de la région se révèle très faible (0,752). Sincé compte quelque 35’000 habitantes et habitants. Plus de 40% d’entre eux vivent dans la pauvreté, et près de 10% dans l’extrême pauvreté. Outre la précarité économique, les gens ne peuvent que difficilement faire valoir leurs droits. La participation politique constitue un vœu pieux.

Des conséquences dramatiques

La situation s’est aggravée avec la pandémie de Covid-19. Le confinement et le passage à l’enseignement virtuel ont eu des effets négatifs, d’autant que peu d’écoles et de foyers disposent d’une connexion Internet. Les enfants issu-e-s de familles vulnérables, dans les zones difficiles d’accès, ont particulièrement souffert.

Les enseignant-e-s ont également été confronté-e-s à des difficultés, vu l’équipement rudimentaire. Dans l’urgence, elles et ils ont envoyé aux élèves des cahiers avec des exercices à effectuer – sans soutien – à la maison. Conséquence: les décrochages scolaires et les difficultés d’apprentissage ont augmenté. Les élèves du degré primaire qui devaient être admis-e-s au secondaire pendant la pandémie ont été particulièrement touché-e-s.

Qui plus est, la situation n’a pas été de tout repos à la maison. Les enfants ont été exposé-e-s à un risque accru de violence psychologique et physique, alors que les conflits au sein des familles ont bondi en raison du confinement qui a entraîné stress et anxiété.

Retrouver le plaisir d’apprendre

Pour remédier à la situation, SWISSAID offre différentes activités. Des cours de deux heures sont dispensés aux élèves de septième année. Et ce, dans différentes disciplines: mathématiques, art, littérature et renforcement de la confiance en soi. Le contenu concerne toujours le quotidien des jeunes.

Un soutien psychologique et des ateliers de sensibilisation leur sont en outre proposés, l’objectif étant de lutter contre les situations de violence. Ces derniers sont animés par des jeunes formé-e-s par des professionnel-le-s de la pédagogie et de l’approche psychosociale. Grâce aux compétences acquises, elles et ils renforcent leur intégration sociale et contribuent à l’essor de leur communauté.

«Mon fils a eu la grande chance de participer à ce projet. Il a pu développer ses talents artistiques et littéraires. Il a surmonté sa peur, c’est désormais plus facile pour lui de travailler en équipe.»

Cindy Meléndez, une mère très fière de son garçon.

L’objectif de toutes ces activités est de favoriser le bien-être émotionnel et psychosocial des enfants pour retrouver le plaisir d’apprendre. Les ateliers artistiques leur apportent un précieux soutien.

«L’art est un outil pédagogique grâce auquel les enfants peuvent évaluer et comprendre leur environnement. Dans un deuxième temps, elles et ils peuvent partager ces expériences à travers des formes d’expression artistique.»

Vladimir Hernández Botina, coordinateur du projet.

Dans toutes les activités, une grande importance est accordée aux caractéristiques personnelles de chaque enfant. Ainsi, les capacités et les besoins de chaque élève sont pris en compte. Le rythme d’apprentissage est respecté, alors que les élèves présentent des niveaux de formation très différents en raison de la pandémie.

«La participation à ce projet m’a aidée à vaincre ma timidité. J’ai beaucoup aimé faire des recherches sur les mythes et les légendes de notre communauté, et présenter les résultats sous la forme d’une pièce de théâtre.»

Wendy Araujo Pérez, une élève.

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Pour une amélioration à long terme

Le projet forme également les enseignant-e-s, en mettant l’accent sur l’apprentissage participatif et basé sur des projets. Une approche pédagogique qui porte déjà ses fruits: l’engagement général et l’intérêt des élèves pour les cours ont augmenté.

Pour une amélioration à long terme du système éducatif, il est toutefois nécessaire d’aller plus loin. Les méthodes élaborées dans le cadre des ateliers doivent être intégrées dans l’enseignement général et être reprises par d’autres établissements scolaires.

Le retour à l’école des enfants se révèle essentiel. Une attention particulière est portée aux enfants marginalisé-e-s. Toutes et tous ont droit à une éducation de qualité. L’éducation est la clé pour sortir durablement les enfants de la pauvreté. Un diplôme de fin de scolarité obligatoire assure un meilleur revenu et la sécurité alimentaire. Un grand pas vers un monde sans faim.