Soutenir les paysannes et paysans au Myanmar

Une vie plus autonome grâce à l’agroécologie

Au printemps 2025, un tremblement de terre dévastateur détruit une grande partie du Myanmar. Maisons, routes et ponts sont en ruines. Si la région rurale et difficile d’accès de Kachin n’était pas située à l’épicentre du séisme, celui-ci a aggravé la situation déjà précaire de milliers de personnes. Des familles, confrontées depuis des années à la violence, à la faim et à la pauvreté, ont tout perdu et doivent repartir de zéro. SWISSAID soutient les paysannes et paysans à retrouver leur autonomie et à sortir durablement de la précarité.

En bref

Pays, région:
Myanmar, Kachin
Durée:
Janvier 2023 – décembre 2025
Bénéficiaires:
4'125 personnes
Budget total du projet:
417'180 CHF

But

Le projet soutient les paysannes et paysans afin qu’elles et ils améliorent leur sécurité alimentaire de manière autonome. Des formations aux méthodes agroécologiques visent à leur permettre d’augmenter leurs récoltes, de générer des revenus supplémentaires et de mieux se prémunir contre les effets du changement climatique. Des financements de démarrage les aident à mettre en œuvre des initiatives entrepreneuriales. En raison de la situation humanitaire tendue, les familles particulièrement démunies bénéficient d’une aide d’urgence ciblée.

Ce projet est cofinancé par les contributions programmes de laDDC. 

Le soleil du matin fait scintiller les rizières de l’État de Kachin, région rurale du Myanmar. L’air est encore frais, le silence règne. Au loin, des silhouettes s’activent avec entrain. De petits groupes de paysannes et paysans travaillent dans les champs. Au bord de la rivière, un groupe se prépare pour une longue journée de labeur. Sous la houlette d’un jeune paysan, Zau Hkang, il discute des tâches à accomplir dans une rizière de 2,5 hectares.

Réserves insuffisantes pendant plusieurs mois

L’agriculture, en particulier la culture du riz, du soja, du thé et des arachides, est la principale source de revenus de la population dans l’État de Kachin. La moitié d’entre elle vit également de l’élevage de poulets, de chèvres et de porcs, ce qui lui procure un revenu supplémentaire. Toutefois, dans certains villages, cela ne suffit pas à nourrir les habitantes et habitants tout au long de l’année. Pendant plusieurs mois, le quotidien est marqué par la faim.

Plusieurs raisons l’expliquent. Le changement politique intervenu au Myanmar il y a quelques années a entraîné de nombreux bouleversements pour la population. Les paysannes et paysans partagent leurs terres avec des personnes ayant fui les conflits armés dans la région. Il n’y a pas assez de travail pour tout le monde et les crédits ne sont accordés qu’à des taux d’intérêt très élevés. Une mauvaise récolte suffit à péjorer la situation des familles paysannes déjà touchées par la précarité.

Hawng San, 44 ans, paysan

«La hausse des prix des marchandises et des coûts de main-d’œuvre représente un défi considérable. Nous ne pouvons plus acheter d’engrais ni d’outils, ni embaucher. Il est donc difficile d’obtenir une récolte abondante et de générer des revenus suffisants. Nous peinons à payer les frais de scolarité de nos enfants et parfois même notre nourriture quotidienne.»

Des familles paysannes formées à l’agroécologie

Pendant que Zau Hkang et son groupe cultivent leur rizière, d’autres participent à un événement dans le village. En collaboration avec une organisation locale, SWISSAID propose régulièrement des formations à l’agroécologie. Celle-ci a pour objectif de rendre l’agriculture plus respectueuse de l’environnement et plus équitable sur le plan social. Les participantes et participants apprennent comment obtenir de meilleures récoltes sans engrais chimiques ni pesticides, comment produire et cultiver leur propre diversité de semences. Beaucoup mettent en pratique les connaissances acquises dans leurs champs et jardins.

Naw Lum Yang raconte: «Après le cours, j’ai immédiatement réfléchi à ce que je pouvais appliquer à mes propres semences. Chez moi, j’ai créé un lopin de terre pour faire des essais, préparé le sol et les semences, puis planté les plates-bandes. Les plants de riz ont mieux poussé grâce aux méthodes apprises et à l’engrais naturel. Mais il y a encore un potentiel d’amélioration. Je m’y attellerai l’année prochaine avec les responsables du projet.»

Grâce aux méthodes agroécologiques, un champ de 2,5 hectares produit 400 paniers de riz par an et fournit nourriture et revenus supplémentaires à plus de 20 personnes. Et une fois le travail terminé, les paysannes et paysans peuvent récolter toutes sortes de légumes dans leurs jardins. Cela permet de varier l’alimentation et de prévenir la malnutrition.

L’agroécologie ne garantit pas seulement de meilleures récoltes: elle est également moins coûteuse, plus respectueuse de l’environnement et réduit la dépendance de la population aux semences étrangères, qui ne sont pratiquement plus livrées au Myanmar.

Réaliser ses propres initiatives

Les participantes et participants aux formations partagent leur savoir au sein de la communauté. Zau Hkang et Hawng San organisent désormais eux-mêmes des formations sur la fabrication d’engrais naturels. De plus, ils dirigent chacun un collectif de paysannes et paysans qui se sont volontairement réuni-e-s afin de partager terres, travail et récoltes. Cette auto-organisation est essentielle pour que les communautés villageoises parviennent progressivement à subvenir à leurs besoins à long terme.

Certains collectifs ont développé des idées pour améliorer leurs revenus. SWISSAID a contribué à la création d’un fonds qui soutient le démarrage d’une petite entreprise. Un groupe vend désormais son engrais naturel artisanal à des formatrices et formateurs qui l’utilisent lors d’autres formations dispensées dans la région.

Hawng San tire un bilan positif: «Grâce aux formations, nous avons pu relever les défis immédiats et nous avons acquis les compétences nécessaires pour mieux faire face aux défis futurs.»

SWISSAID fournit une aide d’urgence

En mars 2025, un tremblement de terre violent – le pire que le pays ait connu en un siècle – a détruit les infrastructures dans une grande partie du Myanmar, y compris dans l’État de Kachin. Maisons, routes et ponts sont désormais en ruines. En quelques minutes, des milliers de personnes ont perdu tout ce qui leur appartenait. Un coup dur de plus pour la population qui souffre depuis des années des violents conflits internes et de leurs conséquences.

Depuis le tremblement de terre, SWISSAID fournit une aide d’urgence aux personnes les plus démunies de la région. Cette aide comprend la distribution d’eau potable, de denrées alimentaires de base, d’ustensiles de cuisine, d’articles d’hygiène et d’aides financières.

La reconstruction nécessite du temps et des ressources, en particulier dans les zones difficiles d’accès où vivent de nombreuses familles paysannes. Mais elle est possible: ces familles ont acquis des connaissances que personne ne peut leur enlever. La cohésion sociale et la capacité à s’auto-organiser malgré les conditions de vie difficiles sont la clé pour qu’elles puissent reprendre leur destin en main.

Votre don compte

Le paysan en Équateur. La mère de famille au Niger. Le garçon au Myanmar. La femme en Colombie. La famille en Tanzanie. L'homme au Tchad. La jeune fille en Inde. Le père en Guinée-Bissau. Ils bénéficieront tous de votre don.

Naw Lum Yang, paysanne

«Après chaque formation, je partageais ce que j’avais appris avec ma famille et mes voisins. À l’avenir, je souhaite permettre à ma communauté et à d’autres communautés de continuer à avoir accès à des connaissances sur les méthodes agricoles alternatives et durables.»

Photos (en-tête et texte): Hkun Ring / Fairpicture. Photos portraits: SWISSAID