À l’occasion de la Journée internationale de l’eau le 22 mars, focus sur le Tchad. Là-bas, l’accès à l’eau potable n’est pas seulement un enjeu de santé, c’est le moteur de l’agroécologie et le levier principal de l’émancipation des femmes. Découvrez comment SWISSAID transforme durablement le quotidien des communautés rurales.
En bref
But
L’objectif du projet est d’améliorer durablement la qualité de vie des habitants de 120 villages en leur garantissant un accès sûr à l’eau potable et en améliorant l’hygiène grâce à des installations sanitaires de base. Notamment au travers d’activités comme:
- Construction de 120 nouveaux puits dans les trois provinces et la réfection de 100 puits existants
- Campagnes de sensibilisation et d’éducation visant à améliorer l’hygiène dans les zones urbaines
- Mise en place du programme des « Écoles bleues » dans dix écoles des communes concernées par le projet, construction de blocs de latrines, enseignement des règles d’hygiène, de la culture maraîchère agroécologique et d’une alimentation saine
- Mise en place d’un système de traitement écologique des eaux usées
- Création, mise en place et formation de comités chargés de l’eau et de l’hygiène
Le projet est financièrement soutenu par la DDC.
Au sud du Tchad, l’eau est une denrée rare. Aujourd’hui encore, moins de la moitié de la population dispose d’un accès sûr à l’eau potable. Malgré les efforts de l’État pour construire des ouvrages hydrauliques, les zones rurales où vivent en majorité les familles paysannes continuent de manquer cruellement de ressources.
Le défi de l’eau potable: une lutte quotidienne pour les familles paysannes
Dans le village de Mahim, Marie Motomadi connaît bien cette dure réalité. Comme des milliers d’autres femmes et jeunes filles, elle consacrait jusqu’à six heures par jour à la collecte de l’eau. Cette tâche les empêche d’aller à l’école ou d’exercer une activité génératrice de revenus.
Pour s’éviter de parcourir des kilomètres, pendant la saison des pluies, Marie Motomadi récupérait le précieux liquide sur les toitures des maisons. Une pratique aux conséquences dramatiques:
«Nous avons eu beaucoup de problèmes de santé», témoigne-t-elle.
Marie Motomadi, 27 ans, connait bien les manques d’eau. Pour s’éviter de parcourir des kilomètres, pendant la saison des pluies, elle récupérait le précieux liquide sur les toitures des maisons.
Briser le cycle des maladies hydriques
Cette pratique, bien que salvatrice dans l’urgence, expose les familles aux maladies hydriques (choléra, typhoïde) qui font des ravages au Tchad, causant la mort de 19’000 personnes par an, dont 16’000 enfants. Au manque d’eau s’ajoutent le peu d’infrastructures sanitaires et la méconnaissance de règles d’hygiène qui favorisent la propagation de ces maladies.
SWISSAID, en collaboration avec ses partenaires locaux, agit durablement pour inverser cette tendance. Cela passe notamment par la construction et la réhabilitation de puits et la mise en place de comités de gestion de l’eau.
À Kakerte, Rachel Ngomadi, présidente du comité de gestion de l’eau du village, constate les effets concrets du projet: «Avant, nous devions parcourir 3 à 4 kilomètres pour chercher de l’eau potable. Grâce au forage, nous n’avons plus cette charge. Et depuis que nous ne buvons plus l’eau des puits traditionnels, nous tombons de moins en moins malades.»
De l'eau potable pour tous
L’agroécologie et les «Écoles bleues»: cultiver la résilience
Le projet intègre également l’approche des «Écoles bleues» dans vingt établissements scolaires. Dans une école bleue, les élèves ont accès à une eau potable de qualité, à des latrines salubres et apprennent les gestes essentiels d’hygiène, qu’elles et ils mettent en pratique. Par ailleurs, les enfants participent à la création de potagers scolaires agroécologiques et sont sensibilisés au tri des déchets.
Ce savoir, loin de se cantonner aux murs scolaires, bénéficie ensuite à l’ensemble de la communauté, qui envisage désormais l’avenir avec plus de sérénité:
«Maintenant que nous avons de l’eau dans le village, je peux me consacrer à des activités lucratives.», explique Marie Motomadi, souriante.
Le concept des «Écoles bleues» a été développé en 2007 dans les pays du Sud. Le Consortium suisse pour l’eau et l’assainissement, qui regroupe huit ONG suisses dont SWISSAID, a perfectionné ce concept. Dans une «École bleue», les élèves ont accès à de l’eau potable, utilisent des latrines entretenues, appliquent de bonnes pratiques d’hygiène, pratiquent une culture maraîchère écologique et participent au ramassage et au tri des déchets. Les «Écoles bleues» encouragent les élèves à prendre conscience de leur santé et de leur environnement et à s’engager pour le changement au sein de leurs communautés.