Spécialiste de l’agroécologie, chercheuse au Center for Development and Environment (CDE) de l’Université de Berne, Johanna Jacobi est dans un premier temps revenue sur les principes qui guident l’agroécologie. Cette science de l’agriculture durable est également un mouvement social, a-t-elle expliqué, un concept transdisciplinaire qui ne se résume pas à des réponses toutes faites comme de remplacer un pesticide par un biopesticide. Il s’agit d’un ensemble plus large, d’un système diversifié.
S’appuyant sur différentes recherches, dont les siennes dans le cadre desquelles elle a comparé trois façons de produire du cacao, à savoir la monoculture, l’agroforesterie simple et l’agroforesterie dynamique (qui met en valeur la biodiversité notamment en préconisant des plantes à différentes hauteurs, un sol toujours recouvert, humide et contenant beaucoup d’humus), la spécialiste est parvenue à ces conclusions : l’agroforesterie permet d’améliorer les sols, de diminuer le stress hydrique, contribue à la diversité des fruits et légumes, permet d’avoir du bois de chauffage, des plantes médicinales et participe à une certaine sécurité alimentaire. En outre, ces systèmes piègent deux à trois fois plus de CO2 dans les sols.
Néanmoins, outre les semences et l’équipement, il est important d’avoir des terres pour pouvoir développer ces méthodes, a-t-elle poursuivi. Cela implique un changement plus profond, si l’on veut reconstruire un système alimentaire mondial qui soit durable et juste. Démocratiser des ressources naturelles et des systèmes alimentaires et reconnecter les producteurs et les consommateurs sont nécessaires.