En décembre, les greniers vides au Niger – qui à cette période auraient dû être remplis pour faire face à la saison basse – nous ont fait craindre le pire. SWISSAID a lancé une aide d’urgence, rapide et ciblée. Nous avons acquis et distribué aux paysannes et aux paysans 62,5 kilos de semences à croissance rapide dont ils avaient besoin pour survivre aux prochains mois. En février, ces dernières ont déjà bien poussé; la première récolte d’amarante et de salade aura lieu dans environ trois semaines.

En plus des semences, les premiers colis alimentaires vont bientôt être distribués. Ils sont une aide complémentaire aux semences à croissance rapide, afin que les 5000 familles paysannes les plus touchées aient de la nourriture jusqu’à la récolte estivale. Chaque colis contient 50 kilos de riz, 10 litres d’huile, 5 kilos de sucre, ainsi que 10 kilos de farine de mil et du lait en poudre pour les enfants en bas âge.

Bäuerin

Avec la situation actuelle, le mil que nous avons récolté ne peut nous nourrir que pour trois mois alors que lorsque l’année a été bonne, nous avons des vivres pendant 10 à 11 mois. Mais les légumes nous aiderons à couvrir un peu ce déficit.

Témoignage de Zalika Tahirou, paysanne de la commune de Fabidji, Dosso.

Crise alimentaire au Niger

Le Niger se prépare au pire. Passant totalement sous le radar des médias occidentaux, le gouvernement lace la sonnette d'alarme: 2,3 millions de personnes sont gravement menacées par la famine. Avec 75 francs, vous financez un colis alimentaire pour und famille pendant un mois et demi.

Début février, Nicole Stolz, responsable du département de coopération au développement et responsable de projet au Niger, s’est rendue dans la commune de Fabidji, dans la région de Dosso. C’est là que SWISSAID a ciblé son aide d’urgence. Elle nous rapporte ses impressions:

Les populations ont pu planté les semences distribué par SWISSAID en janvier. Où en est la maturation des plantes?

Nicole Stolz: Ça se passe bien. La première récolte sera possible dans environ trois semaines. Les paysannes et les paysans pourront d’abord récolter l’amarante, une plante à croissance rapide et nourrissante, mais aussi la salade. Peu de temps après, le chou, le moringa et enfin les haricots arriveront également à maturité. La distribution rapide de semences en janvier était essentielle. Les greniers à céréales qui devraient normalement être bien remplis à cette époque de l’année sont vide. Dans l’urgence, les gens mangent leurs dernières semences. Une catastrophe.

Et comment se déroule la distribution des colis alimentaires?

La distribution de nourriture est prévue pour les mois d’avril et de mai. La dernière récolte que les paysans ont pu faire dure quatre à cinq mois, c’est-à-dire jusqu’en mars. Dès ce moment, les denrées alimentaires distribuées garantissent la survie des familles en difficulté jusqu’aux premiers légumes de la nouvelle récolte.

Tout se déroule donc comme prévu?

Actuellement oui, mais nous avons de gros soucis. Car la récolte du mil, l’aliment de base en Afrique, n’aura lieu qu’en octobre. Nous ne savons pas encore comment nous ferons pour couvrir la période qui suivra la distribution des colis alimentaires jusqu’en octobre. Nous ne savons pas non plus si et quand d’autres organisations humanitaires seront sur place pour aider à lutter contre la faim. C’est en cours de planification.

Quelle est la suite des événements, quelles sont les prochaines étapes?

Nous faisons tout ce que nous pouvons pour que le «World Food Programm», le programme alimentaire mondial des Nations unies, s’engage également pour une distribution de nourriture afin d’éviter une famine aiguë. Parallèlement, nous encourageons sur place une meilleure irrigation des jardins, ce qui renforce la résilience des habitant-e-s, et une diversification des aliments pour que la sécurité alimentaire ne repose pas uniquement sur le mil et la viande.

Bäuerinnen von

Le Niger est l’un des pays du monde les plus touchés par la faim. Les sécheresses et les inondations dues au climat aggravent encore la famine dans l’ouest du Niger, déjà touché par les conflits. De nombreuses organisations humanitaires se sont retirées. Nous sommes restés et fournissons une aide d’urgence et de reconstruction depuis Dosso, une ville relativement sûre.

Nicole Stolz, responsable du département de coopération au développement et responsable de projet au Niger, s’est rendue dans la commune de Fabidji en janvier.

Une saison catastrophique

Une année normale, la saison fertile des pluies s’étend de juillet à octobre. Cette année, il a énormément plu en juillet, les ruisseaux et les fleuves sont sortis de leur lit et ont emporté les semences, les plantes en germination et la terre fertile.

Pour bon nombre de paysannes et de paysans, la récolte n’a pu avoir lieu – il n’y avait tout simplement rien à récolter. Les greniers à céréales restent vides et 2,3 millions de personnes sont gravement menacées par la faim.

Swissaid Nothilfe Niger

Depuis maintenant 10 ans, mon grenier n’est plus jamais plein. Le changement climatique engendre des interruptions de pluies avant la récolte et nos semences ne sont plus adaptées.

Fatouma Halidou, paysanne de la commune de Fabidji, Dosso. SWISSAID a pu distribuer jusqu’à présent un total de 66,2 kilos de semences répartis entre 2500 ménages, huit centres communautaires et deux «Ecoles Bleues».