Tragique pour les millions de civils résidant en Ukraine, la guerre touche également de manière indirecte le reste de la population mondiale. En 2022, le choc a été immédiat: la Russie et l’Ukraine, qui représentent 30% des exportations mondiales de blé, ont vu leurs chaînes d’approvisionnement se briser.

L’impact est systémique:

 

En 2019, 135 millions de personnes se trouvaient en situation d’insécurité alimentaire sévère. Début 2022, elles étaient 298 millions. — Gian Carlo Cirri, directeur adjoint du bureau genevois du PAM, lors d’une conférence SWISSAID.

 

Les prévisions restent alarmantes: le Programme Alimentaire Mondial (PAM) estime que 318 millions de personnes pourraient être confrontées à une crise alimentaire aiguë en 2026, soit plus du double du chiffre de 2019.

Réalités du terrain: quand les prix s'envolent au Sud

Pour les partenaires de SWISSAID, la crise ukrainienne n’est pas une statistique, c’est une lutte quotidienne. Qu’il s’agisse de l’explosion du prix des denrées de base au Niger (huile à +67 %) et au Tchad (pression sur le prix du pain et de la farine), ou de l’effet domino provoqué par le prix du pétrole en Tanzanie et en Guinée-Bissau, le constat est le même: la hausse massive des frais de transport et de logistique renchérit mécaniquement l’accès à la nourriture et aux produits d’hygiène essentiels.

L’agroécologie: le rempart contre l'instabilité mondiale

Cette crise mondiale démontre une chose : la dépendance aux marchés internationaux engendre une vulnérabilité dangereuse. La solution réside dans la souveraineté alimentaire.

L’agroécologie permet de briser cette chaîne de dépendance :

  1. Autonomie: En privilégiant les circuits courts, les paysan-ne-s ne dépendent plus des engrais ou des semences des multinationales.
  2. Résilience: Comme lors de la crise du Covid-19, les fermes agroécologiques sont restées productives malgré l’isolement.
  3. Adaptation: Revaloriser les céréales locales et les semences à croissance rapide permet de mieux résister aux chocs climatiques et géopolitiques.

Nous nous sommes investis au «Sommet sur les systèmes alimentaires» pour placer l’agroécologie tout en haut de l’agenda. C’est ce changement de paradigme qui permettra de vaincre la faim durablement. — Sonja Tschirren, responsable climat et agriculture chez SWISSAID.

Notre action: de l'urgence à la durabilité

Pour SWISSAID, la lutte contre la faim ne peut être efficace que si elle traite les symptômes et les causes. Lorsque des crises (climatiques ou politiques par exemple) surviennent dans un pays, nous estimons essentiel d’apporter en premier plan une aide d’urgence. La distribution de kits alimentaires, de semences locales ou encore le soutien financier immédiat aux familles en détresse est primordial pour sortir les personnes vulnérables de la crise.

En parallèle, les projets de développement viennent consolider la résilience des familles paysannes sur le long terme. Grâce aux formations aux techniques agroécologiques, la mise en place de banques de semences locales et la revalorisation des cultures traditionnelles, les familles paysannes ont été mieux outillées et ont pu nourrir leur famille dans les périodes les plus critiques.

La guerre en Ukraine montre qu’un approvisionnement indépendant et local est la seule solution pour une alimentation résistante aux crises.