Le Niger est un pays qui souffre particulièrement du changement climatique. Pourquoi?
Sonja Tschirren: Depuis plusieurs années, le Niger connaît des phénomènes météorologiques extrêmes. Les années de sécheresse, des températures très élevées et des crues soudaines se succèdent. Ainsi, les ressources naturelles sont fortement mises à mal. En outre, la politique en matière de climat relève du gouvernement central qui ne permet pas une décentralisation. Les données climatiques continuent d’être fortement agrégées et sont uniquement disponibles à l’échelle nationale. Elles ne représentent pas les différences locales. Or, une base de données locales serait nécessaire pour pouvoir mettre en œuvre une politique climatique cohérente, qui porterait sur les régions et les groupes de population les plus vulnérables.
Dans la région de notre projet, Kiéché, la population a-t-elle conscience du changement climatique?
Oui, les gens ressentent très bien les effets du réchauffement planétaire, les saisons étant complètement déréglées. Les familles paysannes sèment parfois plus tôt, parfois plus tard, parfois pas du tout ou bien la récolte est perdue à la suite de pluies trop faibles ou trop fortes. Elles en font directement la dure expérience. La plupart des gens obtiennent des récoltes insuffisantes pour pouvoir préparer trois repas par jour à leur famille. Conséquence: les hommes partent en quête de nouvelles sources de revenu. Les femmes doivent s’occuper seules des personnes âgées, des enfants et des malades, gérer le travail agricole et affronter la faim.
