Comment garder espoir lorsque le principal moyen de survie demande une constante adaptation aux conditions météorologiques extrêmes? C’est ce à quoi font face les paysan-ne-s de la commune de Fabidji, au Niger, dont les cultures sont affectées par les effets désastreux du changement climatique. Un projet vise à renforcer leur résilience à travers l’agroécologie.
En bref
But
Le projet vise à améliorer la sécurité alimentaire et la résilience au changement climatique en rendant les familles paysannes plus autonomes et en renforçant leurs capacités. Pour y parvenir, le projet met l’accent sur la formation en agroécologie dans la production agropastorale, le maraîchage pendant la saison des pluies, l’utilisation de données météorologiques, la production et l’utilisation de semences paysannes, la préservation et la conservation de l’environnement, la prévention et la lutte contre la malnutrition chez les enfants, l’alphabétisation fonctionnelle et les activités génératrices de revenus.
Le projet est en partie soutenu financièrement par la DDC.
Les 47’000 habitant-e-s de la commune rurale de Fabidji, dans le sud-ouest du Niger, vivent essentiellement de l’agriculture et de l’élevage. Cette commune est touchée de plein fouet par les effets du changement climatique. Les pluies peuvent parfois être très abondantes et inonder les champs, faisant pourrir une partie des cultures. Puis elles s’arrêtent brusquement et font perdre aux paysan-ne-s le peu de récolte qu’il leur reste. En outre, le désert gagne du terrain sur une partie des terres arables.
L'agroécologie, une solution de choix
Les projets de développement dans les communes soutenues par SWISSAID prennent en compte un contexte climatique toujours plus changeant. Un projet dans la commune de Fabidji mise principalement sur l’agroécologie pour renforcer la sécurité alimentaire de la population. Grâce à des semences de qualité, adaptées aux conditions locales, et à l’utilisation d’engrais naturels, les cultures sont plus résistantes et les paysan-ne-s ne dépendent plus des coûts du marché. 375 paysan-ne-s suivent des formations pratiques dans des «champs école» sur la fertilisation des sols et la santé des cultures. Une fois formées, ces personnes partagent leur savoir avec d’autres paysan-ne-s de leur village.
Ramatou Amadou explique que le projet a amélioré le quotidien des habitant-e-s. La technique des demi-lunes, des fossés creusés pour retenir l’eau de pluie, est particulièrement bénéfique: «Les demi-lunes ont nettement amélioré les récoltes après la saison des pluies. C’est très utile pour nous les femmes qui sommes chargées de la récolte.»

“La technique des demi-lunes a nettement amélioré les récoltes après la saison des pluies. C’est très utile pour nous les femmes qui sommes chargées de la récolte.”
Ramatou Amadou, 40 ans, est mère de 6 enfants. Les méthodes agroécologiques et les semences maraîchères permettent à la paysanne de mieux nourrir sa famille.
Maraîchage sous la pluie
SWISSAID encourage les familles à pratiquer le maraîchage également pendant la saison des pluies. «Nous avons reçu des semences adaptées qui nous permettent de traverser sans problème la période avant les premières récoltes. Nous produisons désormais des légumes tels que la laitue, le chou et la tomate», raconte la paysanne de 40 ans. Généralement pratiqué pendant la saison sèche uniquement, le maraîchage requiert beaucoup d’irrigation. Il constitue néanmoins un bon moyen de diversifier l’alimentation des familles. En outre, il permet de vendre les produits à un bon prix sur les marchés puisque peu de personnes cultivent des légumes à cette époque de l’année et qu’il est donc plus difficile d’en trouver sur les marchés.

Votre don compte
Pour Ramatou, la vente d’une partie de ses récoltes représente une source non négligeable de revenus: «Cela nous permet d’acheter des céréales, des légumineuses et bien d’autres choses.»
Parmi d’autres femmes, la paysanne a également pu acquérir des poules grâce au projet et commencer un élevage. Cela lui permet de disposer de son propre fonds de commerce: «En vendant quelques poules, j’ai pu acheter des sacs d’arachide que je pourrai revendre plus tard.»
Un cercle vertueux qui rend le quotidien de Ramatou plus sûr et serein. Elle souhaite que le projet perdure, car les besoins demeurent: «Nous avons encore besoin d’accès à l’eau potable, de clôtures pour nos potagers et d’outils pour travailler la terre.»