Au-delà des bénéfices individuels, les besoins d’une agriculture plus écologique pour la planète sont flagrants.
«On va au-delà de la limite de la durabilité écologique et sociale. Le changement climatique met la productivité sous pression. Nous devons repenser nos rapports avec la nature, puis repenser nos propres rapports entre humains», explique Bernard Lehmann, ancien directeur de l’Office fédéral de l’agriculture. Si pour lui l’agroécologie incarne une alternative crédible à nos moyens de production actuels, il ne néglige pas pour autant d’autres aspects du système. «Il ne sert à rien de produire plus ou mieux si l’accès à l’alimentation n’est pas amélioré et la population sensibilisée. Au Sud, il faut améliorer les conditions économiques et la situation de l’emploi pour que les personnes puissent manger en suffisance. Au Nord, il faut rappeler à la population le juste prix de l’alimentation et les encourager à mettre plus d’argent pour ça.»
Au fil de la discussion, il ressort qu’au Nord comme au Sud, les défis des personnes qui travaillent la terre restent les mêmes. Et aux quatre coins du globe, les chemins vers une agriculture plus durable semblent aller dans la même direction : la valorisation du consommer local, la réduction de produits importés, une protection des sols et des plantes, et de nouvelles générations formées et sensibilisées. L’agroécologie se base sur ces principes, et en ce sens est un acteur clé de la durabilité de notre planète. Mais Anne Chenevard tempère tout de même: «Beaucoup de paysan-ne-s utilisent déjà sans vraiment le savoir des concepts agroécologiques. La protection des sols et de l’érosion, la couverture de sol, la couverture verte…» Ainsi, il ne faut pas rayer tout ce qui n’est pas fait sous la bannière de l’agroécologie, mais repenser un vivre ensemble et une équité entre l’humain et la planète.