Nourrir le monde est aujourd’hui plus difficile que jamais. Partout, les paysan-ne-s font face aux conséquences du changement climatique – telles que les sécheresses ou les inondations –, à des sols appauvris et à l’érosion de la biodiversité. Les nouvelles technologies, notamment des outils numériques, peuvent apporter des solutions à ces défis.
Dans son rapport «Head in the Cloud» (2026), le panel international d’expert-e-s sur les systèmes alimentaires durables (IPES-FOOD) met en garde: ce que l’on qualifie d’innovation, et celles et ceux qui en bénéficient, relève de choix politiques et économiques. Aujourd’hui, l’intelligence artificielle et les « cloud », à savoir le stockage, les serveurs ou des logiciels hébergés dans des centres distants et accessibles via Internet, servent surtout les intérêts des entreprises qui les développent.
Selon l’IPES-FOOD, ces approches sont souvent gourmandes en ressources et néfastes pour l’environnement. Elles ont aussi tendance à exclure les besoins des paysan-ne-s et leurs connaissances du terrain sont fortement ignorées. Et quand les données des familles paysannes sont prises en compte, cela se fait parfois au détriment de leur vie privée: des entreprises utilisent des drones pour cartographier leurs terres et collectent des informations sur leurs pratiques afin de les convaincre d’adopter leurs produits et méthodes. La révolution numérique dans l’agriculture devrait toutefois servir les intérêts des paysan-ne-s au lieu de les marginaliser au profit de grands groupes.
