De l’eau propre pour tous

Un accès facilité à des points d’eau potable, des latrines et des règles d’hygiène simples, c’est ce que souhaite atteindre SWISSAID au travers de ses projets dans les régions au Sud-ouest du Tchad. Plus de 42'000 villageois ont déjà bénéficié de ces mesures.

« Nous n’allons plus boire de l’eau peuplée de microbes. Les autres filles du village comme moi, pourrons vite faire le stock d’eau pour nos familles et avoir le temps d’aller à l’école, » raconte Menodji Debora, fièrement prostrée à côté du nouveau puits de Madana. Elle n’a que 13 ans, et pourtant, avant qu’un puits ne soit creusé dans son village, elle passait de longues heures à aller chercher de l’eau. La corvée quotidienne revenant principalement aux femmes et aux jeunes filles, ce travail éreintant s’additionnait aux tâches ménagères, ou remplaçait le travail agricole et la scolarité.

Au Tchad, malgré l’abondance des ressources souterraines en eau, l’eau de consommation domestique reste une denrée rare. Seul 1 habitant sur 2 a accès au précieux liquide. Les autres sont contraints de s’approvisionner à des sources insalubres– fleuves, bas-fonds, puits ouverts, eaux-de-pluie. Sans traitements préalables, la consommation de ces eaux a des conséquences lourdes sur la santé des populations en milieu rural, surtout sur les enfants. Elle participe au haut taux de mortalité infantile : 1 enfant sur 10 meurt avant son cinquième anniversaire.

Un puits, des centaines de bénéficiaires

SWISSAID est active depuis plus de 7 ans dans cette région du sud du Tchad, peu touchée par les projets sanitaires de l’Etat. Depuis 2011, le projet a déjà permis de réaliser 110 forages d’eau et de construire 13 latrines dans les écoles et dans un centre de santé. Ce sont ainsi 42'100 villageois qui ont désormais accès à l’eau potable.

En 2018, SWISSAID étend le projet à une nouvelle région : les cantons d’Andoum et Dodinda, dans le Logone Occidental, au sud-ouest du Tchad. Ces derniers ne comptent que 23 pompes à eau pour 43'317 habitants. Cela équivaut à 1 pompe pour 1’883 personnes ; une couverture dérisoire au regard des normes nationales (1 pompe pour 400 habitants). Ainsi, 12 puits supplémentaires sont creusés dans les villages sélectionnés avec pour but d’amener de l’eau potable à 13'500 villageois.

Au-delà de la consommation domestique

Construire un puits ne fait pas tout. La gestion des budgets, la maintenance, l’assainissement et l’introduction de normes d’hygiène de base accompagnent chaque construction. Ainsi, pour chaque puits, un Comité villageois d’eau est créé pour assurer la pérennité des installations. Ce comité est en charge de la gestion et de la récolte de la taxe mensuelle sur l’eau auprès des ménages, qui est utilisée pour l’entretien et les réparations du puits. Des artisans réparateurs cantonaux sont également équipés et formés afin d’assurer la maintenance des points d’eau.

Des formations sur les principales règles d’hygiène et d’assainissement dans les ménages et les écoles accompagnent aussi la construction d’un puits ou de latrines. Des gestes simples, comme se laver les mains, empêchent le développement de nombreuses maladies comme les diarrhées, le choléra etc. « Ce puits a apporté la santé à notre village », rapporte l’une des bénéficiaires du projet. « Bon nombre des maladies qui nous dérangeaient auparavant n'existent plus. On peut s'occuper d'autres choses maintenant. » Les jeunes filles peuvent en effet aller à l’école et leurs mères travailler aux champs. De quoi offrir de nouvelles perspectives aux communautés.