A l’assemblée générale de Syngenta, SWISSAID demande une «preuve par l’acte»

A l’assemblée générale de Syngenta, SWISSAID demande une «preuve par l’acte»
Le géant de l’agrochimie bâloise Syngenta tente de «verdir» son image, parle d’agriculture durable et se positionne comme l’ami des petits paysans. Lors de l’Assemblée générale qui s’est tenue le 29 avril à Bâle, SWISSAID a dénoncé les contradictions contenues dans le «Good Growth Plan» de la multinationale, et a demandé à Syngenta de procéder à une «preuve par l’acte».
 
Un nombre croissant de rapports émanant d’experts de renommée internationale démontre que le modèle d’une agriculture industrielle n’est pas à même de relever les défis du futur, et qu’il s’agit désormais de se tourner vers des exploitations familiales, écologiques et une agriculture de proximité. L’entreprise bâloise elle-même semble vouloir tenir compte de l’air du temps, puisque dans son «Good Growth Plan», elle essaie de se faire passer pour l’alliée de l’environnement et des petits producteurs dans les pays du Sud, pour défendre son modèle d’affaires dépassé. 
 
«Le problème est simplement que Syngenta veut soigner le mal par le mal», a estimé ce mardi 29 avril le porte-parole de SWISSAID Lorenz Kummer, devant les 900 personnes qui ont participé à l’assemblée générale de l’entreprise; car Syngenta mise comme par le passé sur les mêmes approches qui sont à l’origine des problèmes. A l’appui de ses dires, SWISSAID a relevé plusieurs contradictions contenues dans le «Good Growth Plan».
 
Tout d’abord, ce plan fait l’impasse sur l’obligation de réduire les gaz à effet de serre. L’indicateur relatif à l’intensité du CO2 pour 2013 a même augmenté de 20%. Par ailleurs, Syngenta fait tout ce qu’elle peut pour empêcher les petits producteurs d’avoir accès à des semences locales et diversifiées. Dans plusieurs pays où SWISSAID est active, la multinationale mène un lobbying intense en faveur de lois sur les brevets plus rigoureuses. En Europe, Syngenta a fait breveter une variété conventionnelle de poivron. SWISSAID a mené une campagne dans le cadre de la coalition «No Patents on Seeds» pour dénoncer cette forfaiture. 
 
La manière de procéder de Syngenta va à l’encontre des intérêts des petits producteurs. Le représentant de SWISSAID Lorenz Kummer a donc demandé à Syngenta de renoncer à breveter les plantes, les semences et les séquences de gènes. «Si le «Good Growth Plan» devait être plus qu’un alibi, cela représenterait la première «preuve par l’acte»». 
 
Lien vers le discours prononcé par Lorenz Kummer de SWISSAID lors d'Assemblée générale de Syngenta du 29 avril 2014 (en allemand).