Sècheresse en Inde: une catastrophe annoncée

Après seulement deux averses pendant la saison des pluies, les paysannes et paysans de Marathwada, en Inde, savent déjà à quoi s'attendre : ils souffriront encore une fois de la sécheresse. SWISSAID soutient les plus démunis par le biais d'une aide d'urgence et les aide sur le long terme à s'adapter aux changements climatiques. De l'eau, des rations alimentaires, et un travail de sensibilisation auprès des autorités qui a d'ores et déjà porté ses fruits. Mais la crise climatique exige aussi des solutions sur le long terme.

« Ce que j’ai vu est tellement triste. » Sneha Giridhari, responsable programme Senior de SWISSAID en Inde, a récemment visité la zone du projet au Marathwada. Dans les villages communautaires reculés, la faim et la soif dominent la vie quotidienne. En cause: la sécheresse. 

Les sept dernières années ont enregistré un niveau de pluie très bas à la période de la mousson, de juillet à septembre. Cette année, il est tombé 70 % de pluie de moins que d’ordinaire, une quantité si faible qu’elle a rendu les semis quasiment impossible et a anéanti les espoirs de récolte de nombreuses familles.  

Une lutte à la vie à la mort

Les puits communautaires des villages des Dalit, - où vivent les castes inférieures – sont asséchés. Dans l’espoir d’obtenir un approvisionnement en eau dans les plus grands villages, les femmes et les filles marchent de longues distances sous 40°. En vain, la plupart du temps. Elles ne sont pas informées de l’arrivée de l’approvisionnement et arrivent en général trop tard.  

Les mauvaises récoltes et la pénurie d’eau ont paralysé les activités agricoles. Pour une région où 90 % de la population vit de la terre, c’est une catastrophe. Avec six années de sècheresse en sept ans, de nombreuses familles paysannes se sont endettées et ne voient plus d’issue. Rien que l’an dernier, 947 paysans du Marathwada se sont ôtés la vie. 

Les marginaux laissés pour compte 

En quête d’argent et de travail, de nombreux jeunes ont déjà émigré vers les villes. Dans les villages restent les personnes âgées, les femmes seules, les enfants et les personnes handicapées. Ils survivent grâce aux quelques fonds que leur envoient de façon irrégulière les jeunes et aux maigres rations alimentaires de riz et de blé distribuées par le gouvernement. 

L'aide est octroyée selon les données biométriques récoltées. Or souvent, les machines utilisées pour ces relevés ne fonctionnent pas. Les femmes célibataires par exemple qui se sont séparées de la famille de leur mari et ne vivent plus dans leur village natal n'ont souvent aucun document. Résultat : elles ne peuvent pas bénéficier de l'aide alimentaire du gouvernement. 

Aide d’urgence : eau et nourriture pour les plus démunis 

SWISSAID met sur pied des actions d’urgence destinées en particulier aux aînés et aux femmes seules. Ceux-ci reçoivent des rations de nourriture et d’eau afin de surmonter la période la plus difficile de l’année, juste avant l’arrivée de la mousson espérée en juillet. Elle sensibilise également les autorités à la situation difficile des femmes, en particulier celle des femmes célibataires. Et avec succès : lors de réunions convoquées dans les plus brefs délais, les fonctionnaires du gouvernement ont délivré des permis urgents pour les cartes de rationnement de 123 femmes célibataires, les pensions sociales de 299 femmes et les programmes de logement pour 148 femmes. Un premier pas important pour sortir de la crise pour de nombreuses personnes dans le besoin. D'autres sont à venir dans la région d'Osmanabad.   

Cependant, la crise climatique exige d’aller au-delà d'une aide d'urgence - des solutions sur le long terme sont nécessaires. SWISSAID aide ainsi les paysans et paysannes à adapter leur production agricole aux conditions climatiques en constante évolution, en Inde et dans d'autres pays où les populations souffrent déjà durement de la crise climatique.