Renforcer l’agroécologie! Trois propositions, un but.

Renforcer l’agroécologie! Trois propositions, un but.

SWISSAID soutient au niveau international et en Suisse le modèle d’une agriculture basée sur l‘agroécologie. Le recours à une agriculture paysanne indigène, durable, adaptée aux besoins, est la voie royale pour lutter contre la faim dans le monde, le changement climatique, l’érosion des sols ou encore les eaux polluées par les pesticides et les atteintes à la santé. C’est pourquoi dans 9 pays d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine, SWISSAID soutient le développement de projets d'agriculture biologique et réduit ainsi la faim et la pauvreté des familles des petits paysans.

Des familles paysannes souffrent de la faim

L’agriculture industrielle telle qu’elle est promue aujourd’hui dans le monde n’a pas réussi à résoudre le problème de la faim. Quelque 800 millions de personnes continuent à en souffrir. Paradoxalement, les petits exploitants agricoles sont les plus touchés par la faim. Plutôt que de semences à haut rendement standardisées, de pesticides nocifs, de génie génétique et d’une mécanisation tous azimuts, l’agriculture mondiale a besoin d’un véritable changement de paradigme. Et d’autant plus dans un contexte où ce sont les petits producteurs et productrices qui sont les plus exposés au changement climatique et aux caprices de la météo, tels que les inondations et les sécheresses, mettant leur existence en péril.

Le principe de l'agroécologie se base sur la protection de l'environnement et l'échange et le développement des pratiques agricoles traditionnelles. Ainsi, les petits agriculteurs peuvent produire sur de petites parcelles et de manière autonome des aliments sains et respectueux du climat, pour leur propre consommation et pour les marchés locaux; échappant ainsi à la dépendance à l‘égard des semences et des pesticides très onéreux fournis par les géants agrochimiques.

Des conditions cadres en faveur de l'agroécologie et l'environnement

La politique agricole suisse crée les conditions cadres qui favorisent les projets agroécologiques ou au contraire les freinent. Par ses choix en matière de politique agricole, elle peut contribuer à la mise en oeuvre des Objectifs de développement durable de l’ONU (Sustainable Development Goals (SDG) - dont l’Objectif numéro 2 consiste précisément en l’éradication de la faim, et vise la sécurité alimentaire et une agriculture durable. SWISSAID s’engage également en Suisse en faveur d’une agriculture durable, biologique et en faveur d’un commerce équitable pour les denrées alimentaires.

Prochainement, les électeurs suisses auront à se prononcer sur trois initiatives populaires portant sur les choix politiques de la Suisse en matière d’alimentation et d’agriculture : l'initiative pour «la sécurité alimentaire» de l’Union suisse des paysans; l‘initiative «Fair-Food» du parti Les Verts; et l’initiative «pour la souveraineté alimentaire» du syndicat paysan Uniterre. SWISSAID soutient les trois projets, car chacun se base sur les principes de l’agroécologie et y contribue.

24 septembre 2017: Oui au nouvel article constitutionnel sur la sécurité alimentaire

Le contre-projet à l’initiative populaire pour la sécurité alimentaire veut préparer la politique agricole suisse aux défis à long terme et promouvoir la production nationale et la transformation des aliments. L'accent sera mis davantage sur la production indigène, répondant ainsi aux attentes sociales et écologiques de la population.

Trois aspects sont particulièrement positifs:

  • Les relations commerciales doivent contribuer à «une économie agricole et alimentaire durable». En cas d’adoption, le commerce équitable - qui est important pour les pays en développement – serait ainsi inscrit comme but dans la Constitution. La Confédération devrait désormais recommander des relations commerciales équitables avec les petits producteurs du monde entier. Le dumping environnement et social devrait ainsi être banni. De même que les pratiques non durables sur le plan écologique, social et économique, telle l’importation d’huile de palme produite industriellement.
  • La possibilité pour la Confédération d’agir pour lutter contre le gaspillage alimentaire sera introduite dans la Constitution. La question du «food waste» est ainsi ajoutée à l’ensemble de la chaîne alimentaire. C’est là un signal important pour favoriser une répartition des denrées alimentaires durable et efficace.  Aujourd'hui, le niveau de production de la Suisse est très élevé et pose problème, tout en bénéficiant d’une image «verte» injustifiée. L’initiative soutient que la production alimentaire doit se limiter à un emplacement de proximité. Pour que le développement futur de l’agriculture suisse aille dans le sens d’une plus grande durabilité.

Pour ces raisons, SWISSAID recommande de glisser un oui dans l’urne.

Oui à l’initiative «Fair food»

L‘ initiative populaire fédérale «Pour des aliments sains et produits dans des conditions équitables et écologiques (Fair food)» exige des normes environnementales et sociales claires pour les denrées alimentaires importées. Les produits issus d’une agriculture paysanne de proximité, du commerce équitable ainsi que d‘une production indigène et saisonnière devraient obtenir un avantage sur le marché. La transparence pour les consommatrices et les consommateurs devrait être améliorée. La part des produits alimentaires importés de l'étranger est d'environ 50 pour cent. Grâce à un nouveau système douanier conforme à l’OMC une production locale durable devrait être initiée.

L’initiative apporte les améliorations suivantes:

  • La dimension internationale du système alimentaire suisse est le point de départ de changements importants visant à une production et une consommation durables sur le plan écologique et social. Le rapport sur l’environnement publié par le Conseil fédéral en 2014 montre que la population suisse vit de plus en plus «aux dépens des autres en matière d’environnement». En 2011, 73% de l’ensemble des dégâts écologiques générés par la Suisse étaient localisés à l’étranger.
  • Avec cette initiative, des denrées alimentaires produites de manière écologique, indigène, saisonnière et équitable bénéficieraient d’un appui sur le marché. Le fait qu’environ 20% des importations de produits alimentaires en Suisse proviennent de pays émergents ou en développement devrait donner des impulsions importantes en matière de production alimentaire. La capacité des pays les plus pauvres à atteindre les normes sociales et environnementales devrait être particulièrement soutenue par la coopération suisse au développement.
  • Au lieu d'une compétition sur la quantité ou le prix des denrées alimentaires, c’est une compétition sur la qualité qui sera mise en avant. Cela renforce et favorise une production plus écologique et contribue ainsi à la protection du climat.

Pour toutes ces raisons, SWISSAID recommande de voter oui à cette initiative.

Oui à l’initiative sur la souveraineté alimentaire

L'initiative populaire «Pour la souveraineté alimentaire, l'agriculture nous concerne toutes et tous» vise à ancrer le principe de la souveraineté alimentaire en Suisse. Concrètement, elle vise à établir une agriculture diversifiée, paysanne et sans OGM, qui protège les ressources naturelles, y compris le sol et les semences.

En outre, la protection des terres cultivées devrait être renforcée, tandis que seront introduits un accès facilité à la terre, la protection des travailleurs agricoles et des prix justes ainsi qu‘un revenu équitable pour les producteurs et les employés. En outre, la production locale et la consommation durables seront renforcés. Enfin, un commerce international plus équitable doit être rendu possible par le biais de droits de douane régulateurs; ainsi que par le droit de se protéger et le devoir de renoncer aux subventions à l’exportation.

Les arguments ci-dessous parlent en faveur de l’initiative:

  • Si l’initiative est acceptée, une agriculture sans génie génétique en Suisse serait inscrite dans la Constitution, dans le sens de la volonté des consommateurs et consommatrices pour une production alimentaire saine et écologique.
  • Une agriculture durable, de saison, et axée sur les marchés locaux accorde de l’espace aux petits producteurs pour un développement durable.
  • La suppression de toutes les subventions à l'exportation (lois sur le chocolat, le beurre, etc.) représente une contribution pour lutter contre la distorsion des marchés dans les pays en développement.
  • En cas d’acceptation, les droits de propriété intellectuelle stricts seraient assouplis, contribuant ainsi à empêcher la biopiraterie.
  • L'accent mis sur les méthodes agricoles respectueuses de l'environnement contribuent à réduire les émissions de gaz à effet de serre ainsi qu‘à la protection du climat.

Pour ces raisons, SWISSAID recommande le oui à cette initiative.