De meilleurs lendemains

Des femmes fortes et unies

Souvent victimes de violences et privées de droits, les Tchadiennes n’ont ni formation ni argent bien qu’elles travaillent plus dur que les hommes. Mais là où il y a des problèmes, il y a aussi des solutions.

En bref

Pays, région:
Tchad, Logone Occidental, Logone Oriental et Tandjilé
Durée:
Août 2017 - septembre 2019
Bénéficiaires:
2923 femmes, hommes et enfants
Budget total du projet:
143'315 CHF

But

Le projet vise à renforcer les femmes de la région en leur donnant plus de poids au sein des structures familiales. Il vise également à augmenter le revenu des femmes par la diversification des activités et à les impliquer dans le suivi des activités. Enfin, les femmes bénéficiaires reçoivent des formations d’alphabétisation pour un changement profonds dans la société.

«Voici notre article le plus vendu», raconte Pauline Nguineberba, une potière, en montrant une série de jolies amphores posées sous un manguier, comme dans de nombreux ménages du sud du Tchad. De cette façon, l’eau reste quelque peu fraîche quand le thermomètre affiche 43 degrés à l’ombre. De nombreuses femmes du village vendent la marchandise au marché pour en tirer un revenu supplémentaire. C’est un dur labeur, car dans cette partie du pays, quelques kilomètres représentent souvent une distance infranchissable. Il y a en effet plus de nids de poule que d’asphalte sur la route qui mène au marché: «Le chauffeur du camion se borne à hausser les épaules s’il ne reste plus que des débris quand il arrive à destination», glisse Pauline Nguineberba. Mais c’est du passé. Grâce à un attelage de bœufs et à une charrette que les femmes ont pu acheter avec l’appui de SWISSAID, la marchandise arrive lentement mais sûrement à destination.

Sur la route, il y a souvent plus de trous que d’asphalte. Les bœufs peuvent être manœuvrés plus facilement qu’un camion permettant ainsi à la marchandise d’arriver presque toujours en une seule pièce.

L’alphabétisation, clé du succès

Au Tchad, les femmes n’ont pas la vie facile. Ce sont les hommes qui commandent tout. Souvent victimes de violences, elles sont mariées de force et excisées. A la campagne, seule une petite minorité sait lire, écrire et compter; le taux d’analphabétisme atteint presque 90% et l’espérance de vie seulement 50 ans. Pourtant, quand il s’agit de subvenir aux besoins de la famille, ce sont elles qui assurent l’essentiel du travail.

SWISSAID met donc sur pied de vastes projets destinés aux femmes qui mettent l’accent sur l’alphabétisation. Lire, écrire et compter leur ouvre des portes. En suivant les cours de lecture et de calcul, les potières du sud du Tchad apprennent directement les effets positifs des vaccins et l’utilité des latrines. Pour elles et leurs familles, les perspectives s’améliorent considérablement. Selon les données fournies par l’ONU, les femmes qui savent lire gagneraient 20% de plus que les autres au cours de leur vie.

La poterie permet aux femmes du Tchad de gagner leur vie. Un travail acharné qui en vaut la peine; au marché, les articles en terre cuite se vendent comme des petits pains. L’argent récolté par ces femmes est consacré à l’éducation de leurs filles et leurs fils.

L’espoir que ses filles vivent mieux

Depuis qu’elle sait compter, Pauline Nguineberba ne se fait plus rouler au marché: «Avec l’argent provenant de la vente de mes poteries, je peux me payer des médicaments en cas de nécessité et envoyer mes enfants à l’école. Même mes filles!» Elle peut ainsi nourrir l’espoir que ces dernières auront une vie plus facile que la sienne.

Avec l’argent récolté, Pauline Nguineberba peut acheter des médicaments au besoin et envoyer ses enfants à l’école, même ses filles. Elle nourrit ainsi l’espoir que ces dernières auront une vie plus facile que la sienne.