Des familles paysannes formées à l’agroécologie
Pendant que Zau Hkang et son groupe cultivent leur rizière, d’autres participent à un événement dans le village. En collaboration avec une organisation locale, SWISSAID propose régulièrement des formations à l’agroécologie . Celle-ci a pour objectif de rendre l’agriculture plus respectueuse de l’environnement et plus équitable sur le plan social. Les participantes et participants apprennent comment obtenir de meilleures récoltes sans engrais chimiques ni pesticides, comment produire et cultiver leur propre diversité de semences. Beaucoup mettent en pratique les connaissances acquises dans leurs champs et jardins.
Naw Lum Yang raconte: «Après le cours, j’ai immédiatement réfléchi à ce que je pouvais appliquer à mes propres semences. Chez moi, j’ai créé un lopin de terre pour faire des essais, préparé le sol et les semences, puis planté les plates-bandes. Les plants de riz ont mieux poussé grâce aux méthodes apprises et à l’engrais naturel. Mais il y a encore un potentiel d’amélioration. Je m’y attellerai l’année prochaine avec les responsables du projet.»
Grâce aux méthodes agroécologiques, un champ de 2,5 hectares produit 400 paniers de riz par an et fournit nourriture et revenus supplémentaires à plus de 20 personnes. Et une fois le travail terminé, les paysannes et paysans peuvent récolter toutes sortes de légumes dans leurs jardins. Cela permet de varier l’alimentation et de prévenir la malnutrition.
L’agroécologie ne garantit pas seulement de meilleures récoltes: elle est également moins coûteuse, plus respectueuse de l’environnement et réduit la dépendance de la population aux semences étrangères, qui ne sont pratiquement plus livrées au Myanmar.
Réaliser ses propres initiatives
Les participantes et participants aux formations partagent leur savoir au sein de la communauté. Zau Hkang et Hawng San organisent désormais eux-mêmes des formations sur la fabrication d’engrais naturels. De plus, ils dirigent chacun un collectif de paysannes et paysans qui se sont volontairement réuni-e-s afin de partager terres, travail et récoltes. Cette auto-organisation est essentielle pour que les communautés villageoises parviennent progressivement à subvenir à leurs besoins à long terme.
Certains collectifs ont développé des idées pour améliorer leurs revenus. SWISSAID a contribué à la création d’un fonds qui soutient le démarrage d’une petite entreprise. Un groupe vend désormais son engrais naturel artisanal à des formatrices et formateurs qui l’utilisent lors d’autres formations dispensées dans la région.
Hawng San tire un bilan positif: «Grâce aux formations, nous avons pu relever les défis immédiats et nous avons acquis les compétences nécessaires pour mieux faire face aux défis futurs.»
SWISSAID fournit une aide d’urgence
En mars 2025, un tremblement de terre violent – le pire que le pays ait connu en un siècle – a détruit les infrastructures dans une grande partie du Myanmar, y compris dans l’État de Kachin. Maisons, routes et ponts sont désormais en ruines. En quelques minutes, des milliers de personnes ont perdu tout ce qui leur appartenait. Un coup dur de plus pour la population qui souffre depuis des années des violents conflits internes et de leurs conséquences.
Depuis le tremblement de terre, SWISSAID fournit une aide d’urgence aux personnes les plus démunies de la région. Cette aide comprend la distribution d’eau potable, de denrées alimentaires de base, d’ustensiles de cuisine, d’articles d’hygiène et d’aides financières.
La reconstruction nécessite du temps et des ressources, en particulier dans les zones difficiles d’accès où vivent de nombreuses familles paysannes. Mais elle est possible: ces familles ont acquis des connaissances que personne ne peut leur enlever. La cohésion sociale et la capacité à s’auto-organiser malgré les conditions de vie difficiles sont la clé pour qu’elles puissent reprendre leur destin en main.