Un vent froid balaie la plaine, située à 3500 mètres d’altitude dans la province de Chimborazo, dans les hautes Andes équatoriennes. Un groupe de femmes et d’hommes se réunit autour d’une carte qu’ils ont eux-mêmes créée, élément essentiel des efforts menés sur place pour protéger et restaurer les Páramos.
Les Páramos sont en mauvaise santé. Des décennies d’agriculture intensive en monoculture, l’utilisation de produits chimiques dans les champs et des pratiques d’élevage inadaptées ont endommagé cet écosystème fragile. Conséquences : appauvrissement des sols et érosion, perte de savoirs sur les semences traditionnelles, défrichage de vastes zones pour les pâturages, pollution et assèchement des sources d’eau.
Le changement climatique aggrave la situation. Les périodes de sécheresse s’allongent et les saisons des pluies, souvent accompagnées de grêle, de gel et de chutes soudaines de température, raccourcissent. Angel Gilberto Asas Azoguez, un exploitant local, résume : « La vie ici, à 4000 mètres d’altitude, est extrême. Longtemps, nous avons pu bien vivre de l’élevage ovin. Mais il y a quelques années, les pénuries d’eau sont devenues de plus en plus fréquentes. Si nous avions continué comme avant, les Páramos qui nous entourent se seraient déjà tous asséchés. »
Un scénario catastrophique. Les Páramos, à la fois steppes et zones humides de haute altitude, sont en effet les plus importants réservoirs d’eau douce des Andes. En Équateur et en Colombie, où SWISSAID soutient leur restauration, ces écosystèmes fournissent 70% de l’eau aux communautés proches et plus lointaines. Ils stockent également de grandes quantités de CO2 et abritent une faune et une flore uniques, telles que les « frailejones », plantes à fleurs semblables à des palmiers, les salamandres palmées et le renard andin.
L’assèchement des sources d’eau entraînerait l’effondrement de tout un écosystème, et aurait des conséquences sur le climat mondial. Un changement est nécessaire : c’est l’unique manière pour les paysannes et les paysans de continuer à mener une vie autonome, de créer des perspectives économiques pour la région et de mettre fin à l’exode vers les villes. En collaboration avec SWISSAID, les communautés locales ont désormais commencé à réduire l’élevage, à sécuriser leur approvisionnement en eau et à développer des sources de revenus alternatives et durables.