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​Les femmes deviennent des actrices du changement

En Guinée-Bissau, les femmes jouent un rôle central dans l’alimentation de leur foyer en assurant la culture des denrées vivrières. Grâce aux ateliers d’agroécologie menés avec SWISSAID, elles deviennent des moteurs de développement et renforcent la sécurité alimentaire de toute la famille. En parallèle, les jeunes apprennent à diriger une microentreprise.​

En bref

Pays, région:

Guinée-Bissau, Cacheu et Oio

Durée:

Janvier 2025​ – ​Décembre 2027​

Bénéficiaires:

​​2000​ personnes directement, 20'000 indirectement

Budget total du projet:

CHF ​446’900​

But

 

  • Des pratiques agricoles durables sont transmises afin d’améliorer la qualité des sols et d’accroître la productivité
  • Les femmes bénéficient de formations en alphabétisation et les jeunes de formations en gestion d’entreprise afin d’augmenter leurs revenus
  • Les femmes et les jeunes leaders sont soutenus au niveau local afin de renforcer leur voix et de promouvoir l’égalité des genres
  • Les principes de l’agroforesterie sont transmis afin de favoriser la croissance des cultures, de réduire l’utilisation de pesticides chimiques et de renforcer la biodiversité
  • L’accès à l’eau pour l’irrigation des potagers et pour les ménages est amélioré.

Le projet est cofinancé par la contribution de programme de la DDC.

Dans les régions d’Oio et de Cacheu, au nord-ouest de la Guinée-Bissau, de nombreuses familles vivent de l’agriculture. La plupart s’adonnent à la monoculture de la noix de cajou. Cette tendance épuise les sols, met en danger la biodiversité et rend les communautés dépendantes de la volatilité des prix du marché international. Le changement climatique, engendrant des sécheresses à répétition et des inondations, complique encore la situation. 

 

Les femmes, qui assurent la majeure partie du travail agricole et subviennent aux besoins de leur famille, manquent de compétences techniques nécessaires pour adopter des méthodes de culture durables et garantir des récoltes suffisantes pour se nourrir. Tenues à l’écart des processus de décision, elles n’ont pas la marge de manœuvre suffisante pour améliorer leur situation. 

Ricardina Carlos Mbana, paysanne,  30 ans

«Il nous arrivait autrefois de ne manger qu’une seule fois par jour. La situation était particulièrement difficile à la fin de la saison des pluies, lorsque nous manquions de nourriture parce que le riz n’était pas encore prêt à être récolté»

Une lutte difficile

«Il nous arrivait autrefois de ne manger qu’une seule fois par jour. La situation était particulièrement difficile à la fin de la saison des pluies, lorsque nous manquions de nourriture parce que le riz n’était pas encore prêt à être récolté», raconte Ricardina Carlos Mbana, paysanne du village de Burne Balanta. Âgée de 30 ans, elle vit avec son mari et leurs trois enfants dans la région de Cacheu. 

 

«Ce que je produisais ne suffisait pas à nourrir ma famille», abonde Maria Mute, paysanne et présidente d’une organisation agricole locale dans le village de Dame Uabe. Âgée de 31 ans, elle vit avec son mari et ses enfants dans la région d’Oio. Comme beaucoup, elle cultive l’arachide, le haricot, le riz, le maïs et le sésame. 

 

Segunda Indibé faisait face aux mêmes difficultés. Bien qu’elle ait initialement été formée pour devenir éducatrice de la petite enfance, cette paysanne tire aujourd’hui ses revenus de l’agriculture. « Ce que nous récoltions ne suffisait pas pour toute l’année. Les réserves s’épuisaient trop vite et, à certaines périodes, nous manquions de nourriture », témoigne-t-elle.   

 

L’intensification des phénomènes météorologiques extrêmes pèse en outre lourdement sur les familles paysannes. «Le dérèglement climatique détruit tout. L’année dernière, il ne nous est presque rien resté.» Le projet «Fiança di Terra» SWISSAID vise justement à accompagner les femmes, et ainsi les familles, vers une meilleure sécurité alimentaire, à diversifier leurs revenus et bâtir un avenir plus autonome. Et il porte ses fruits. 

Maria Mute, paysanne, 31 ans

«J’ai appris à concevoir des traitements naturels contre les ravageurs et à mieux valoriser ma production»

Des résultats convaincants

Près de 2000 paysannes et paysans s’initient à l’agroécologie et à l’agroforesterie. Elles et ils apprennent à régénérer leurs terres grâce au compost et aux fertilisants naturels, à employer des biopesticides et à diversifier leurs cultures.

  

Pour Maria Mute, les changements sont déjà bien réels. « J’ai appris à concevoir des traitements naturels contre les ravageurs et à mieux valoriser ma production », explique-t-elle. Elle sait désormais évaluer ses dépenses et ses recettes, fixer des prix justes et vendre ses denrées de façon ciblée. Une avancée qui consolide ses revenus tout en renforçant sa place au sein du village. 

Votre don compte

Le paysan en Équateur. La mère de famille au Niger. Le garçon au Myanmar. La femme en Colombie. La famille en Tanzanie. L'homme au Tchad. La jeune fille en Inde. Le père en Guinée-Bissau. Ils et elles bénéficieront toutes et tous de votre don.

Leadership

Segunda Indibé tire elle aussi parti des sessions de formation: «J’ai appris à constituer et animer un comité de direction. Cela m’a permis d’assumer le rôle de secrétaire au sein de notre association.» 

 

Ces femmes restent tournées vers l’avenir. Maria Mute envisage d’étendre sa production pour développer un jour une véritable exploitation commerciale. Segunda Indibé souhaite quant à elle monter un petit commerce tout en exerçant son métier d’éducatrice. «Malgré les difficultés, je reste convaincue que je réussirai», affirme-t-elle. Grâce au soutien de SWISSAID, ces projets ne sont plus de simples espoirs lointains, mais des perspectives concrètes.

Segunda Indibé, paysanne, 31 ans

«J’ai appris à constituer et animer un comité de direction. Cela m’a permis d’assumer le rôle de secrétaire au sein de notre association»

Un impact plus large 

L’efficacité du projet dépasse largement le cercle des participant-e-s direct-e-s. Au total, près de 20’000 personnes bénéficient d’un meilleur accès à l’alimentation, de modes de culture plus résilients et de revenus plus élevés. De plus, 200’000 personnes sont touchées par des campagnes de sensibilisation à l’agroécologie, à l’eau et à l’égalité des genres.

Soutenir les jeunes

Dans un pays où la population est particulièrement jeune — l’âge moyen y est de 19 ans, contre 42 ans en Suisse — les jeunes sont confrontés à des difficultés qui limitent leurs perspectives d’avenir. Le manque de formation, d’opportunités économiques et de ressources constitue notamment un frein à leur autonomie et à l’amélioration de leurs conditions de vie.

 

Le projet entend agir sur ces différents obstacles en leur donnant les moyens de construire leur avenir. Des formations en entrepreneuriat, en gestion financière et en alphabétisation leur permettent d’acquérir des compétences utiles et de développer de nouvelles perspectives professionnelles. Au total, 40 jeunes sont accompagnés dans la création et la gestion de leur propre microentreprise, avec pour objectif de leur permettre de développer une activité durable et génératrice de revenus.

Personnes de contact

Ousmane Coulibaly

Représentant Pays de SWISSAID Guinée-Bissau

o.coulibaly@swissaidgb.org

Blaise Burnier

Responsable de programme Afrique de l'ouest

b.burnier@swissaidtanzania.org
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