Pressions sur des partenaires de SWISSAID au Niger

Pressions sur des partenaires de SWISSAID au Niger

Ali Idrissa a été arrêté à son domicile par la police nigérienne, suite à une conférence de presse qui s'est déroulée le 17 juillet 2014 et un appel à manifester, à la veille de l'arrivée à Niamey du président français François Hollande. La responsable du GREN, Solli Ramatou, a également été arrêtée, ainsi qu'une dizaine de membres du ROTAB, dont Ali Idrissa est le responsable. Ces deux associations, très engagées en faveur d'une plus grande transparence dans le secteur des industries extractives au Niger, sont des partenaires de longue date de SWISSAID dans ce pays. SWISSAID a déploré les arrestations de membres de la société civile nigérienne.

Tous deux ont été relâchés, mais la vigilance reste de mise. Lors de la conférence de presse qui avait précédé la venue du président français, Ali Idrissa avait critiqué le partenariat entre AREVA et le Niger, qui vient d’être conclu, après des mois de négociations. Plusieurs organisations de la société civile se montrent également déçues par le nouvel accord sur les contrats miniers entre le Niger et Areva, qui, selon elles, ne laisse à nouveau que «des miettes aux Nigériens». Pourtant, l’espoir avait été grand de voir enfin cet accord permettre au Niger de tirer un prix plus juste pour son uranium, exploité depuis plusieurs décennies par le géant du nucléaire français.

«C’est un accord sur lequel le Niger a été grugé, on n’a rien gagné du tout; on a fait semblant de conduire des négociations pendant près de 18 mois pour aboutir à rien», avait déploré Madame Ramatou Solli, du GREN. Cette association partenaire de SWISSAID avait organisé en 2013 à Niamey une conférence sur les industries extractives, avec l’appui de la Fédération genevoise de coopération, et la participation de Gilles Labarthe, un journaliste membre de SWISSAID Genève. Quant à Ali Idrissa, il a déjà participé à plusieurs reprises à des conférences organisées par SWISSAID en Suisse, sur le thème de la transparence dans le secteur des matières premières. C’est dire si SWISSAID va continuer à suivre de près l’évolution de la situation au Niger, et rester très vigilante quant aux pressions et aux menaces exercées à l’égard de ses partenaires.