Politique à court terme – promesses en l’air

Politique à court terme – promesses en l’air

La Commission des finances du Conseil des Etats a approuvé aujourd’hui des coupes claires dans le budget de la coopération au développement. Elle contredit ainsi la décision antérieure du Parlement de consacrer 0,5% du revenu national brut à l’aide au développement. Alliance Sud critique les réductions prévues qui traduisent une politique à court terme face aux défis globaux actuels.

Dans son communiqué de presse, la Commission des finances du Conseil des Etats (CdF-E) a informé aujourd’hui de ses délibérations sur le budget 2016 de la Confédération. Le Conseil fédéral envisage des coupes de plus de 115 millions de francs dans la coopération au développement. La CdF-E les a acceptées sans opposition. Elle a manqué ainsi de confirmer la décision de 2008 du Parlement de consacrer annuellement 0,5% du revenu national brut à la coopération au développement.

Les réductions prévues dans la coopération au développement sont inacceptables en regard des défis globaux actuels. Fin septembre, la Suisse a célébré à New York l’adoption de l’agenda 2030, les ambitieux objectifs de développement durable. On ne pourra pas atteindre ces objectifs sans des moyens financiers supplémentaires. En taillant dans le budget avant même l’entrée en vigueur du nouvel agenda, la Suisse signale déjà son manque de volonté politique de mettre à disposition les ressources indispensables à sa réalisation.

En même temps, les flux globaux de réfugiés montrent qu’on a urgemment besoin d’un engagement accru pour lutter à long terme contre les causes de la pauvreté et les situations de crise. Le conseiller fédéral Burkhalter prévoit au contraire de compenser l’augmentation urgemment nécessaire de l’aide humanitaire par la coopération au développement à long terme, au lieu de la financer par des fonds supplémentaires. Une telle compensation est à courte vue. En effet, si le Conseil fédéral économise aujourd’hui dans la coopération au développement à long terme, il devra demain dépenser plus dans l’aide d’urgence à court terme.
Le 5 novembre déjà, la Commission de politique extérieure du Conseil des Etats a suivi la proposition du Conseil fédéral de financer les coûts de l’adhésion de la Suisse à la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures (AIIB) autant que possible sur le dos de l’aide au développement. Elle renforce ainsi la tendance à utiliser à d’autres fins – en l’occurrence la promotion des exportations – l’argent réservé pour des objectifs de développement.

Pour d’autres informations:
Mark Herkenrath, directeur d‘Alliance Sud, Tél. 078 699 58 66