De petits moyens pour de grands effets

Fernando Lobo, membre de l’association SWISSAID Genève, témoigne de sa mission de novembre 2015 en Guinée-Bissau où il a visité un projet soutenu par la Fédération genevoise de coopération.

En sortant de l’aéroport à 4h du matin, je fais la connaissance de Braima, le chauffeur du bureau de SWISSAID en Guinée-Bissau. En roulant à travers les rues désertes de Bissau, je constate que presque tous les bâtiments se trouvent en piètre état, y compris au centreville. Le reste du pays se trouve dans des conditions encore plus déplorables. Cependant, je ne vois pas des gens souffrir de la faim. C’est un pays très vert, avec de bonnes réserves souterraines en eau et où les plantes peuvent pousser pratiquement toute l’année.

Dès le lendemain, nous parcourons 40 km pour rejoindre le village de Caio. J’ai rencontré les principaux acteurs ainsi que quelques bénéficiaires des projets suivis par l’association SWISSAID Genève dans la région.

Une jeune présidente fière de son bilan

L’actuelle présidente de l’association des villageois de Caio s’appelle Hodrinirla Monteiro, surnommée «Ocha». Malgré ses 22 ans, elle a été élue par la grande majorité des membres. Elle peut être fière de son bilan, puisqu’elle a réussi à redonner de l’espoir pour la poursuite des projets. Caio est ainsi parvenue à régler les questions laissées en suspens par l’ancienne présidente lors de la première étape du projet.

Elle m’a expliqué que les membres de l’association appartiennent principalement à trois ethnies différentes: les Manjaks, les Papels et les Balanta. Lors de cette première étape, l’ancienne présidente n’avait pas tenu compte de ces différences, et cela avait entraîné des tensions internes. Par exemple, les Papels ne pouvaient pas vendre au marché local leurs poissons au-delà de 300 francs CFA, tandis que les autres ethnies pouvaient vendre leurs poissons bien plus cher.

Améliorations pour 300 familles

Aujourd’hui, Ocha a fait en sorte que ce genre de discrimination n’ait plus lieu au sein de l’association, ni même dans la région, grâce à un accord passé avec les autorités locales. Pendant ce temps, les 300 membres de l’association ont créé une Fédération regroupant plusieurs petites associations locales dans divers domaines: l’artisanat, l’horticulture, la pêche et l’apiculture.

Une parcelle de 2 hectares avec des puits a été mise à disposition pour les membres de la Fédération. Prochainement, Ocha souhaite que la Fédération soit capable de mettre en place un système de banque de semences, afin d’atteindre un maximum d’autonomie alimentaire.

La Fédération joue un rôle essentiel pour la valorisation des associations locales et améliore les conditions de travail des 300 familles paysannes bénéficiaires.