« Excusez-moi, vous êtes intéressé ? »

Cela fait 70 ans que des élèves dans toute la Suisse vendent de petits objets colorés pour soutenir les projets de SWISSAID. Merci à vous de leur faire bon accueil, et merci aux élèves, à leurs parents et leurs enseignants pour leur engagement sans faille durant toutes ces années !

Ces prochaines semaines, vous les rencontrerez à nouveau près de chez vous, dans la rue ou frappant à votre porte, pour vous proposer un « best of » des insignes qui ont eu le plus de succès.  Ils sont en effet quelque 200'000 élèves, dans toutes les régions de la Suisse, à s’engager chaque année en faveur de personnes démunies dans les pays du Sud, faisant ainsi preuve d’une belle solidarité internationale.

Pour les enseignants, c’est l’occasion d’aborder avec leurs élèves la réalité des pays où les insignes sont fabriqués à la main. Et de faire un lien avec la misère rencontrée sous d’autres latitudes, par exemple lors de vacances à l’étranger. Camillo, 12 ans, élève de 6e année, se rappelle encore du choc ressenti  lorsqu’il a croisé, sur un matelas crasseux, trois enfants, vêtus en haillons, lors d’un voyage en famille en Asie du Sud-Est. « Je pouvais à peine les regarder ».

Il pensera à eux lorsqu’avec ses camarades de classes il ira prochainement  sillonner les rues. Et vendre des insignes dont les recettes seront reversées à SWISSAID, pour financer des projets qui permettent d’améliorer les conditions de vie de nombreuses familles.

"Le meilleure, c'est l'aide que nous apportons"

«Excusez-moi, vous êtes intéressé ?» Certaines personnes déclinent l’offre ou font un pas de côté, tandis que d’autres s’approchent d’un air curieux. «Il faut toujours rester poli», affirme Ilja, 11 ans. Et cette attitude se révèle payante. Malgré le mauvais temps, les enfants ont vendu plusieurs stylos et des petites boîtes laquées.

Dix pour cent des recettes sont réservés à la caisse de la classe. «Nous irons au parc aquatique d’Alpamare», espèrent les garçons. Les filles, de leur côté, aimeraient prolonger le camp scolaire - le débat ne fait que commencer. Pour Manuel,  «le meilleur dans tout ça, c’est l’aide que nous apportons ». A ses yeux, sa classe pourrait renoncer aux 10%, et donner la totalité de l’argent.

En 70 ans d’existence, l’«insigne» a considérablement  évolué : la petite épingle au logo de l’œuvre d’entraide est devenue un objet décoratif, d’usage quotidien tel qu’un stylo en forme d’animal ou un wakouwa. Ce qui n’a pas changé en revanche, c’est l’enthousiasme des élèves à s’engager en faveur de personnes dont les conditions de vie sont bien plus difficiles que les leurs.