SWISSAID tire la sonnette d'alarme à l'occasion du G-20 agricole

SWISSAID tire la sonnette d'alarme à l'occasion du G-20 agricole

Berne/Lausanne. Les ministres de l'agriculture du G-20 se réunissent demain à Paris, pour lutter, entre autres, contre l'envolée des prix des denrées alimentaires. Pour avoir une chance d'y parvenir, SWISSAID demande l'arrêt immédiat de toute forme de soutien de la part des Etats aux agrocarburants. Cette exigence est depuis peu également portée par la Banque mondiale, le FMI, la FAO et l'OMC.

Sur le terrain, dans les pays du Sud où elle travaille, SWISSAID est le témoin au quotidien de la dégradation de la situation alimentaire des populations. La faim augmente, tandis que les paysans sont chassés de leurs terres, bradées à des entreprises étrangères, qui cultivent des milliers d'hectares de plantes destinées à être transformées en agrocarburants.

"Cette situation devient intenable pour l'agriculture paysanne et familiale, qui garantit pourtant la sécurité alimentaire de ces pays, estime Caroline Morel, directrice de SWISSAID. Le boom des agrocarburants porte ainsi une grande part de responsabilité dans la hausse des prix des denrées alimentaires." C'est également la conclusion à laquelle sont parvenues plusieurs organisations multilatérales comme la Banque mondiale, le FMI, la FAO et l'OMC, dans un rapport publié au début du mois de juin. Le rapport demande aux Etats du G-20 de renoncer à toute mesure incitative pour les agrocarburants, telles que subventions, quotas obligatoires, exemption fiscale, qui font exploser les prix des matières premières agricoles et des denrées alimentaires.

Cette exigence est formulée depuis longtemps par SWISSAID. "Les subventions doivent cesser immédiatement", insiste Caroline Morel, qui rappelle que SWISSAID et 35 autres organisations suisses ont favorisé un projet de loi plus restrictif sur l'importation des agrocarburants dans notre pays, avec une attention toute particulière sur les conditions sociales et écologiques dans lesquelles ils sont produits.

Malgré plus de 60'000 signatures récoltées par une pétition intitulée "L'assiette avant le réservoir", remise en février dernier à la Chancellerie fédérale, l'initiative parlementaire est pour l'instant suspendue, en raison de négociations en cours portant sur un accord énergétique avec l'Union européenne. Cet accord pourrait exiger de la Suisse une adjonction de 10 pourcents d'agrocarburants dans la benzine utilisée dans notre pays. "C'est inacceptable, estime Caroline Morel, directrice de SWISSAID, qui espère que le G-20 agricole entendra le point de vue de nombreuses organisations, et donnera un signal fort contre les agrocarburants.


Lien pour accéder au rapport sur les agrocarburants de plusieurs organisations internationales.