Au Tchad, une gestion transparente du pétrole pour lutter contre la faim

Au Tchad, une gestion transparente du pétrole pour lutter contre la faim

Berne/Lausanne. Les pays africains riches en matières premières ont le potentiel de s’aider eux-mêmes. C’est pourquoi SWISSAID soutient au Tchad des organisations de la société civile qui luttent avec un courage admirable contre la faim et en faveur d’une répartition équitable des revenus pétroliers. Une délégation de parlementaires suisses était la semaine dernière dans ce pays d’Afrique centrale pour se faire une idée des résultats ainsi obtenus. « Les acteurs actifs dans le secteur pétrolier doivent faire preuve de davantage de transparence et de responsabilité, en Suisse aussi », a déclaré jeudi la directrice de SWISSAID Caroline Morel, à l’occasion du lancement de la campagne de SWISSAID à Berne.

Il existe une recette efficace pour lutter contre la faim : soutenir le courage. Comme par exemple au Tchad, un pays qui a connu une grave crise alimentaire l’année dernière. Une délégation de conseillers nationaux suisses était la semaine dernière dans ce pays de concentration de l’aide suisse au développement, pour se rendre compte de la situation qui y prévaut. SWISSAID y appuie des organisations locales qui luttent en faveur d’une répartition équitable des revenus pétroliers, afin d’améliorer les conditions de vie de la population et de lui permettre de lutter contre la faim. Car si le Tchad dispose d’un sous-sol riche en pétrole et autres ressources minières, la population tarde à voir ses conditions de vie s’améliorer.

Dans sa campagne annuelle, SWISSAID met l’accent sur le courage admirable dont font preuve les populations des pays du Sud dans leur lutte pour parvenir à la sécurité alimentaire et en faveur d’un développement durable. « Grâce à un appui extérieur, nous parvenons à aider les populations à faire valoir leurs droits pour obtenir des compensations équitables et à lutter contre la corruption », explique Olivier Ngardouel, le représentant de SWISSAID au Tchad. « La misère qui règne dans la région productrice de pétrole au Tchad est effrayante », s’indigne le conseiller national Carlo Sommaruga (PS/GE). Le travail de lobbying pour défendre les intérêts des communautés locales permet cependant d’améliorer les choses.

La conseillère nationale Doris Fiala (PLR/ZH) s’est déclarée choquée par la situation qui prévaut dans les régions productrices de pétrole et a estimé que les sociétés pétrolières en portaient une évident part de responsabilité  : «Un secteur qui ne bénéficie pas d’une très bonne image devrait précisément se préoccuper davantage que cela n’est le cas au Tchad du sort des populations », estime Doris Fiala.

La directrice de SWISSAID Caroline Morel a pour sa part insisté sur le fait que la Suisse doit elle aussi remplir ses obligations. Le Conseil national doit précisément se prononcer à la fin de ce mois sur une hausse de l’aide au développement de la Suisse, pour atteindre 0,5% du produit intérieur brut. La Suisse, comme les Etats-Unis, devrait par ailleurs exiger de la part des sociétés actives dans le domaine des matières premières une plus grande transparence dans leurs transactions financières avec les pays producteurs. C’est en effet lorsque les populations sont informées des avoirs de leurs pays qu’elle sont en mesure d’exiger de leurs dirigeants de rendre des comptes. « Malheureusement, les dispositions allant dans ce sens dans la révision du droit de la société anonyme ont échoué », a regretté Caroline Morel. « Mais nous continuons à suivre le dossier ».

Les excellents résultats de la collecte de fonds
La collecte de fonds de SWISSAID, la Fondation suisse pour la coopération au développement, a connu l’année dernière d’excellents résultats, pour atteindre quelque 10,25 millions de francs. Ces résultats sont similaires à ceux obtenus l’année précédente. « Nous estimons que ces résultats sont la marque de la grande confiance que portent nos donateurs et donatrices au travail de SWISSAID dans neuf pays d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie », a estimé la directrice de SWISSAID Caroline Morel jeudi à Berne.