Rio + 20 : L’accaparement des terres est une trahison

Rio + 20 : L’accaparement des terres est une trahison

Le Sommet Rio + 20 est-il un échec ? La société civile massivement représentée à Rio semble le croire, compte tenu de la faiblesse du document final et l’absence d’engagements fermes pris par les chefs d’Etat et de gouvernements. C’est également le sentiment d’Almoustapha Moumouni, directeur du bureau de SWISSAID au Niger, qui représente SWISSAID à la conférence de Rio + 20. Lequel insiste cependant sur l’incroyable énergie, dynamisme et richesse des interventions des organisations de la société civile, bien décidées à poursuivre le combat.

Almoustapha Moumouni a également participé au processus de négociations et consultations qui a abouti à la déclaration «L’avenir que nous voulons», soumis aux chefs d’Etat et de gouvernement, véritable plaidoyer en faveur d’un changement d’orientation radical pour sauver la planète.

Autre fait réjouissant relevé par le représentant de SWISSAID à Rio: la participation massive de femmes, qui dépasse largement celle des hommes lors des nombreuses activités auxquelles il a participé. «C’est là une démonstration du rôle et de l’engagement ô combien important que les femmes jouent et joueront encore davantage à l’avenir dans les processus stratégiques du développement durable», estime-t-il.

Le concept d’ «économie verte», au cœur des débats à Rio, a été très critiqué par les organisations de la société civile, ainsi que par les Indiens d’Amazonie, qui ont demandé aux dirigeants de la planète de protéger la Mère Terre en rejetant l’économie verte, «une mercantilisation de la nature» et «un crime contre la Terre et l’Humanité». Le président bolivien Evo Morales n’a pas hésité à parler d’ «un nouveau colonialisme» que les pays riches veulent imposer aux pays en développement. «Les ressources naturelles appartiennent aux peuples, elles ne peuvent être l’affaire des compagnies transnationales», a-t-il déclaré, rejoignant ainsi les conclusions de la conférence organisée par SWISSAID un mois avant Rio + 20 sur cette «green economy» qui n’a pas fini de faire parler d’elle.