
Communiqué de presse du 25 août 2026
Berne/Lausanne, 25 août 2026 – La COP17, qui se tient actuellement en Mongolie, est consacrée à la désertification, l’insécurité alimentaire et aux solutions pour restaurer les terres. L’été 2026 est marqué par des températures très élevées. La sécheresse et le manque d’eau touchent de nombreuses régions du monde, y compris la Suisse, entraînant d’importantes pertes de récoltes. À l’échelle mondiale, la dégradation des terres agricoles constitue une menace pour la sécurité alimentaire : elle est associée à des pertes annuelles estimées à 20 millions de tonnes de production végétale.
Une étude publiée dans Nature Food estime que la dégradation des sols à l’échelle mondiale entraîne une d iminut ion de la production végétale de 20 millions de tonnes par an, soit l’équivalent de 52’000 milliards de kilocalories – environ les besoins annuels de 71 millions de personnes – ainsi qu’à des pertes annuelles de revenus agricoles de 4 milliards de dollars.
Dans les pays partenaires de SWISSAID en Asie, en Afrique et en Amérique latine, la dégradation des terres agricoles et la désertification aggravent l’insécurité alimentaire. Pour protéger les terres contre les pertes de récoltes, SWISSAID met en œuvre une approche efficace dans de nombreux projets : la création de microclimats grâce à l’intégration d’arbres, d’arbustes et de plantes couvre-sol.
« En appliquant les principes de l’agroécologie , qui s’inspirent de la diversité des écosystèmes naturels et de leurs réseaux de racines vivantes , des pratiques telles que l’agroforesterie, les cultures de couverture et les cultures associées font bien plus que fournir de l’ombre et retenir l’humidité. Elles régénèrent activement la vie des sols et les cycles des nutriments. Ces
méthodes agissent comme de véritables boucliers biologiques contre la chaleur dans les paysages agricoles », explique Francesco Ajena, responsable du dossier agroécologie chez SWISSAID.
Les sols tropicaux exposés peuvent atteindre des températures si élevées que les graines se dessèchent avant même de pouvoir prendre racine. « À l’inverse, une canopée composée de plusieurs strates d’arbres peut faire baisser la température à la surface du sol de plusieurs degrés. Cet effet rafraîchissant peut faire la différence entre une culture qui se développe bien et un champ dans lequel il faut semer une deuxième fois. Pour autant que la famille paysanne dispose de suffisamment de semences », poursuit Francesco Ajena.
De même, sur des sols nus et compactés, la pluie peine à pénétrer et ruisselle rapidement. Elle emporte alors la précieuse couche arable et accroît le risque de crues soudaines et , par conséquent, de catastrophes naturelles. À l’inverse, les sols protégés par des arbres, des plantes vivaces à racines profondes et des cultures diversifiées sont structurés par des réseaux
de racines vivantes et abritent une vie du sol foisonnante. Lorsque la pluie tombe, l’eau s’infiltre rapidement au lieu de ruisseler et est stockée comme une réserve essentielle, qui peut alimenter les jeunes plants et les cultures pendant plusieurs semaines.
Pour mettre ces principes en pratique, SWISSAID travaille étroitement avec des communautés paysannes à travers le monde et les accompagne dans la mise en œuvre de mesures de gestion des sols et de l’eau fondées sur l’agroécologie. Un exemple est un projet mené à Los Palmitos, dans le département de Sucre, en Colombie : 2’140 personnes participent à la transition agroécologique et à la restauration d’écosystèmes sur 514 hectares de terres dégradées.
Le projet comprend 174 hectares de systèmes sylvopastoraux, 104 hectares consacrés à l’agroforesterie et 236 hectares de restauration passive à travers des corridors forestiers et des îlots boisés. Les communautés ont planté 38’359 arbres, dont des espèces indigènes fortement menacées, et réintroduit plus de 100 variétés et espèces d’arbres fruitiers, de légumes, de légumineuses et de cultures vivrières, tout en intégrant de petits élevages.
Ce projet illustre concrètement les résultats que l’agroécologie peut apporter. SWISSAID appelle à un soutien accru à ces pratiques, non seulement dans les pays du Sud, mais aussi en Suisse, où elles peuvent contribuer à améliorer la santé des sols et renforcer les perspectives et la résilience du monde paysan face au changement climatique.
Il est urgent que la Suisse investisse davantage dans la restauration des terres agricoles, tant sur son territoire qu’à l’échelle internationale. La COP17 en Mongolie lui offre une occasion de donner un signal fort en ce sens.