Des latrines qui coulent de source

Le 19 novembre est la Journée mondiale des toilettes. Dans les pays pauvres, les installations sanitaires sont rares et les conséquences dévastatrices. C’est pourquoi, les dons sont destinés à la construction de latrines et de systèmes d’approvisionnement en eau potable. Cela donne aux femmes et aux enfants davantage de temps et d'énergie pour travailler et apprendre et permet d’améliorer la santé de tous.

« Chaque jour, je suis en route de 8 heures à midi pour aller chercher de l’eau », raconte Zalia Lola, 36 ans, d’Adoua Kessa. Dans la communauté villageoise de Soucoucoutane dans le sud du Niger, en zone sahélienne, près d’une femme sur deux est dans la même situation : seule la moitié de la population a accès à de l’eau potable à une distance acceptable. Les femmes doivent marcher près d’une heure jusqu’au puits le plus proche et doivent ensuite faire la queue, parfois pendant près de cinq heures – les points d’eau étant fortement fréquentés et ne se remplissant que lentement.

Le mauvais approvisionnement en eau potable affecte également les enfants qui soutiennent souvent leur mère dans cette pénible tâche – au détriment de leur scolarité. Rachida Seydou, 14 ans, élève de 6ème à Doubalma explique: « Aller chercher de l’eau lors des grandes chaleurs est très fatigant. Lorsque je rentre à la maison, je suis tellement épuisée que je dois d’abord récupérer avant de commencer mes devoirs. »

Quand les écolières manquent l’école, faute de latrines

Le manque de « petit coins » dans les écoles empêche également les élèves de suivre les cours correctement : comme il n’y a pas de latrines, ils utilisent la nature environnante pour aller aux toilettes. Ils doivent s’éloigner de l’école et beaucoup ne reviennent pas en classe après. Pour les jeunes filles, la situation est encore plus critique : elles sont souvent harcelées et manquent plusieurs jours par mois lorsqu’elles ont leurs règles.

Il est évident qu’une mauvaise hygiène et une eau contaminée affectent la santé. Les maladies diarrhéiques sont très répandues, ce qui entraîne des coûts médicaux élevés. Le long et difficile parcours pour accéder à l’eau potable ainsi que le manque de latrines empêchent toute amélioration dans la communauté rurale de Soucoucoutane. Comme le dit Idrissa Moussa, chargé de programme SWISSAID au Niger : « Une population malade et sans espoir n’a aucune chance de se développer économiquement et socialement. »

Deux systèmes d’approvisionnement en eau pour 5000 habitants

C'est pourquoi, SWISSAID - en étroite collaboration avec la commune - poursuit des objectifs primordiaux:

  • Les habitants construisent des latrines et les utilisent correctement
  • L’accès à l’eau potable dans les ménages et les écoles de 12 villages de près de 5000 habitants sera amélioré durablement.
  • Les bénévoles des villages gèrent l’infrastructure de l’eau et de l’assainissement de manière à ce que chacun puisse en profiter durablement.

Plus précisément, deux systèmes sont en cours de construction pour approvisionner plusieurs villages autour d'Adoua Kessa et d'Aggue à partir d'une même source. Trois écoles seront équipées de 5 blocs de latrines et quatre écoles seront équipées de 15 points d’eau pour se laver les mains.

L’accès à l’eau potable, source de développement

A Soucoucoutane, un habitant sur dix profite directement du projet. La qualité de vie est améliorée. Les enfants ont plus de temps et d’énergie pour apprendre. Les femmes peuvent par exemple se consacrer au maraîchage. Ou encore se construire leurs propres latrines dans un lieu retiré et sûr.