«Sans agriculture, aucune vie n’est possible»

À 28 ans, le conseiller national socialiste Fabian Molina est le nouveau co-président de la Fondation SWISSAID, aux côtés de Bastienne Joerchel. Dans cette interview, il évoque ses relations avec SWISSAID et les souvenirs particulièrement marquants qu’il a ramenés de son voyage à travers la Colombie.

Fabian Molina, que représente SWISSAID pour vous? 

SWISSAID est une organisation formidable. À mes yeux, son ancien slogan « Aider avec courage » a encore tout son sens. Depuis plusieurs dizaines d’années, SWISSAID parvient à mettre sur pied des avancées durables dans des contextes difficiles. Et ce tout en étant parallèlement la voix des plus défavorisés en Suisse. Cette constance dans les activités nécessite un travail considérable. 

L’histoire de SWISSAID est fortement marquée par les projets agricoles. Quels sont vos liens avec l’agriculture? 

J’ai grandi dans un village paysan. J’ai donc très tôt pris conscience de l’importance de l’agriculture. Plus tard, au fil de nombreux voyages et à travers mon travail pour SWISSAID, j’ai découvert la dimension internationale de la paysannerie. Les paysans et paysannes produisent notre alimentation. Notre survie dépend d’eux, et cette réalité sera la même dans le futur. Pour diminuer la faim et la pauvreté dans le monde, il est nécessaire de promouvoir un bon développement agricole.  

Vous êtes-vous déjà rendu dans les régions du monde où nous intervenons. Quelles ont été les rencontres et les expériences marquantes? 

J’ai visité la Colombie il y a trois ans. Les conflits violents et le fléau de la drogue étaient présents en permanence. Depuis, j’ai échangé avec beaucoup de Colombiens et nous avons par exemple organisé une conférence sur les solutions potentielles au trafic de cocaïne avec l’association SWISSAID Zurich. Le courage des personnes qui s’engagent pour la paix et la justice sur le terrain m’impressionne énormément.  

Comment SWISSAID pourrait-elle encore améliorer son travail en Suisse? 

Dans le contexte des changements sociétaux actuels, nous devons davantage expliquer notre travail et accroître la mobilisation de la population pour nos actions. Le mouvement des pays en développement est parvenu à susciter de profondes transformations en Suisse par le passé. Nous devons revenir à cet élan.  

Quels arguments utiliseriez-vous pour convaincre un jeune de s’occuper des questions de développement et d’agir contre la faim et la pauvreté? 

La faim et la pauvreté, tout comme la crise climatique, sont étroitement liées aux inégalités dans le monde et à notre système économique. Toute action en Suisse a des répercussions sur les personnes qui vivent à l’autre bout du monde. Ce lien motive la jeune génération, comme on peut le voir en ce moment avec les manifestations pour le climat. Nous devons faire comprendre aux gens que les questions de développement sont indissociables des questions d’égalité entre les sexes, d’égalité sociale et de justice climatique.