Hommage aux paysannes

Le photographe Luis A. Guzmán a photographié des paysannes colombiennes dans le cadre d’un projet de femmes. Motivées par les nouvelles possibilités d’améliorer leur vie et de subvenir aux besoins de leur famille, elles sont mobilisées pour sortir de la pauvreté et améliorer leur sécurité alimentaire.

Force, confiance en soi, foi en l’avenir : l’image des paysannes sur les photos ne correspond pas à celle qu’elles se faisaient d’elles-mêmes il y a quelques années. A cette époque, elles n’étaient guère payées en retour pour les pénibles tâches ménagères et les travaux aux champs qu’elles accomplissaient quotidiennement. Elles se retrouvaient le plus souvent dépendantes sur le plan économique, victimes de violences et de discriminations, encore accentuées par une culture machiste omniprésente.

Un changement radical

Les femmes qui figurent sur ces photos sont les bénéficiaires d'un projet soutenu par SWISSAID en Colombie, dans la municipalité de Mongua, du département de Boyacá. Pendant des années, les paysans de cette région ont pratiqué la monoculture de pommes de terre sur leurs petites parcelles de terre, situées entre 3000 et 4000 m d’altitude. La terre a fini par s’appauvrir, le volume des récoltes a chuté drastiquement. Pour tenter d’y remédier, les paysans ont recouru à des engrais et à des pesticides chimiques onéreux, ce qui les a endettés, tout en contaminant les sols et l’eau.  Des légumes ancestraux ont ainsi été perdus ; tandis que la pauvreté, la malnutrition et la faim ont fait leur apparition.

La coopération entre SWISSAID et deux associations paysannes locales a permis aux paysans d’être formés à l’agriculture agroécoloique, ce qui a considérablement amélioré leur situation. Aujourd'hui, leurs terres produisent quelque 70 variétés différentes de plantes. Une dizaine de légumes  ancestraux qui avaient disparu ont pu être récupérés, tels que  l'orge perlière, le blé rouge et les artichauts. La sécurité alimentaire des familles a augmenté. Les paysans vendent désormais leurs excédents de légumes et de fruits au marché, à leurs voisins, ainsi qu’aux citadins, qui leur achètent régulièrement des paniers de légumes bio.

L’amélioration de la situation des femmes bénéfice à tous

Aujourd’hui, le projet vise  à ancrer ces beaux succès dans le long terme. Dans sa phase finale, les deux organisations paysannes doivent encore être renforcées pour parvenir à ancrer ces changements dans la durée. Les jeunes sont toujours davantage impliqués et une attention particulière est accordée à l'égalité entre les sexes : le rôle des femmes est renforcé et les hommes s'engagent à renoncer à l’usage de la violence à l’égard de leurs femmes et de leurs enfants.

Une majorité des membres de l'organisation paysanne sont des femmes. Tout au long du projet, elles ont été à l'avant-garde de l'élaboration et de la mise en œuvre de propositions innovantes. Ces femmes ont ainsi créé des alternatives économiques, politiques et sociales à leur quotidien souvent difficile. Aujourd'hui, elles jouent un rôle économique de premier plan, tout en assurant leurs tâches de femmes au foyer et mères de famille. Fortes, sûres d'elles, confiantes.

Votre aide concrète

Grâce à un certificat de 30 et 45 francs pour l’achat d’un mouton, les familles paysannes bénéficient d’un revenu additionnel. Elles utilisent la laine de mouton pour fabriquer des chapeaux et des gants traditionnels, pour eux-mêmes, pour leurs familles et pour les vendre au marché.

  • Numéro du projet: KO 2/17/07
  • Coût: CHF 79‘033.-
  • Durée: 24 mois
  • Bénéficiaire direct: 108 paysannes et paysans, dont 92 femmes et leur famille (au total 585 personnes)