Comment financer la décentralisation au Niger? En taxant le bétail.

Sans impôts, pas de ressources communales pour aménager des infrastructures publiques. Un problème que les autorités de la commune de Koygolo ont résolu. Grâce au soutien de SWISSAID.

A 100 km à l'est de la capitale Niamey, le marché de Yéda est le plus important de la commune de Koygolo. Toutes sortes de marchandises en provenance de toute l’Afrique de l’Ouest s’échangent du matin au soir dans une ambiance joyeuse et poussiéreuse. Alors que les commerçants présentent leurs produits sur des étals bien alignés, le business du bétail se fait dans une belle anarchie. Impossible d’en contrôler les échanges.

Un impôt sur le bétail? Pas bête du tout!

La mairie de Koygolo a décidé de faire le ménage dans le marché. Lors d’un précédent partenariat avec SWISSAID, elle construisit un parc à petits ruminants – moutons et chèvres – afin de prélever une taxe de quelques francs CFA sur leur vente. Un succès immédiat qui permit non seulement d’optimiser les échanges entre acheteurs et vendeurs mais surtout d’alimenter les caisses communales. Bientôt ce sera au tour des gros ruminants – bovins et camélidés – de passer à la caisse! La mairie prévoit de construire un parc à gros bétail et espère engranger des montants plus importants, car la valeur d’une vache est bien supérieure à celle d’une chèvre.

Recenser pour mieux aider

La population humaine n’est pas en reste. Afin de pouvoir en améliorer le quotidien, les autorités de Koygolo doivent bien la connaître. Avec le soutien de SWISSAID, elle mènera un recensement administratif afin d’identifier les problèmes rencontrés par les habitants des 49 villages qui peuplent son territoire. Ce recensement permet par ailleurs d'améliorer le prélèvement de l'impôt communal.

Le développement a un coût

Les bénéfices ainsi engrangés permettent de financer une partie du Plan de développement communal dont Koygolo s’est doté. Un apport bienvenu, quand on sait que depuis la réforme gouvernementale de 2002 prônant la décentralisation, les communes du Niger doivent faire face à davantage de responsabilités. Problème: le pouvoir central ne met cependant guère à la disposition des communes les moyens financiers dont elles ont besoin pour mettre en oeuvre cette réforme.

Vers l’autonomie

Si elle ne peut pas compter sur l’aide de l’Etat central, la commune de Koygolo ne peut pas non plus miser sur un partenariat ad aeternam avec des ONG internationales. Les autorités municipales font donc preuve d'initiatives et de créativité pour disposer des fonds nécessaires afin d'améliorer durablement le bien-être de leurs administrés. En donnant un coup de pouce simple mais concret à Koygolo, SWISSAID initie un processus irrémédiable.