Deux ans de prison pour un défenseur des droits humains au Tchad

Deux ans de prison pour un défenseur des droits humains au Tchad

Au début du mois de juin, le tribunal de Moundou dans le sud du Tchad a condamné le défenseur des droits humains Djeralar Miankeol à deux ans de prison et à une amende de 100'000 Francs cfa (soit environ 160 francs). Djeralar Miankeol a été inculpé pour «outrage à magistrat» après avoir dénoncé l’accaparement de terres et la détresse des populations qui en sont victimes.

Djeralar Miankeol est connu de la fondation SWISSAID pour laquelle il avait procédé à l’évaluation de projets au Tchad et fut membre actif de la CPPL, une organisation partenaire de SWISSAID au Tchad. Il dirige actuellement l’association Ngoubourandi, qui lutte contre l’accaparement des terres, et dénonce les conséquences de l’exploitation pétrolière pour les paysans.

La santé de Djeralar Miankeol s’est considérablement dégradée suite à une crise aigüe de paludisme et une fièvre typhoïde. Sur l’instruction du Procureur de la République,  il a été ramené à la prison le 13 juillet, contre l’avis du médecin.

C’est que les conditions de vie des détenus dans les prisons tchadiennes sont extrêmement difficiles. Ce sont les familles des prisonniers qui doivent pourvoir à leurs besoins les plus élémentaires. La famille de Ndjeralar Miankeol parcourt régulièrement la vingtaine de kilomètres séparant la ville de Moundou et la maison d’arrêt pour lui amener nourriture, vêtements et savon.

L’avocat de Djeralar Miankeol a fait appel. Mais les vices de procédure survenus lors du premier jugement ne sont guère encourageants. «Nous ne nous laissons pas intimider et continuons à nous battre pour que justice soit rendue», ont déclaré les représentants de la société civile après le verdict.

Amnesty International a lancé une «Action urgente» intitulée «Deux ans de prison pour avoir exprimé ses opinions», dans laquelle l’organisation demande d’envoyer lettres, courriels et fax aux autorités tchadiennes pour leur demander la libération de Djeralar Miankeol, considéré par Amnesty  comme un prisonnier d’opinion, «arrêté et condamné uniquement pour avoir fait valoir sans violence son droit à la liberté d’expression».

Plus d’infos: ua.amnesty.ch/urgent-actions/2015/06/138-15/138-15-2