Comment appliquer l’interdiction de la spéculation sur les denrées alimentaires sans bureaucratie inutile.

Comment appliquer l’interdiction de la spéculation sur les denrées alimentaires sans bureaucratie inutile.

La Jeunesse Socialiste Suisse a aujourd’hui présenté son concept pour l’application de l’initiative «Pas de Spéculation avec les denrées alimentaires!», avec l’appui d’expert(e)s renommé(e)s. Contrairement à ce que le Conseil Fédéral déclare dans son message, l’application d’une telle initiative ne présente pas la moindre difficulté. Bien au contraire, de nombreuses plaques tournantes du commerce et de la finance font la distinction, aujourd’hui déjà, entre Spéculation et Couverture des risques.

Le Conseil Fédéral a publié, le 18 février dernier, son message concluant au rejet de l’initiative de la Jeunesse Socialiste Suisse intitulée: «Stop à la Spéculation alimentaire!». Cette dernière exige une interdiction de la Spéculation sur les denrées alimentaires. La couverture du prix des matières premières agricoles, communément appelé «hedging», doit pouvoir rester possible. Le Conseil Fédéral justifie son refus de l’initiative entre autres par l’assertion que « [celle-ci] se révèlerait, dans la pratique, inapplicable. » Cette allégation est fausse et occulte le fait que de très nombreux pays ont d’ores-et-déjà édicté des lois, analogues à ce que serait une correcte application du texte de l’initiative.

«En 2008, la production australienne de riz fut la victime d'une sécheresse de plusieurs années. L'offre mondiale chuta d'à peu-près 10%. Les prix sur les marchés mondiaux doublèrent dès lors, ce qui conduisit à de véritables paniques acheteuses et à des manifestations, jusqu'en Italie. Des auteurs de la Banque Mondiale voient dans le comportement des investisseurs financiers la cause centrale de ces débordements,» a par exemple déclaré Gunter Stephan, économiste à l’université de Berne, lors de la conférence de Presse, à propos de la volatilité des prix que cause la spéculation. En effet, l’interdiction de la spéculation sur les denrées alimentaires permettra d’empêcher la formation de bulles spéculatives sur les produits dérivés agricoles, et ainsi directement combattre la faim subie par des millions d’être humains à travers le monde.

«Toute hausse des prix des denrées alimentaires de base condamne aussitôt des familles entières à la faim et à la malnutrition.» a rapporté Catherine Morand, de Swissaid. L’interdiction d’une telle spéculation est en mesure d’arrêter la spirale de la pauvreté. Dans ce but, il s’agira seulement de faire la distinction entre Spéculation nocive et légitime Couverture des risques. Les exemples des Etats-Unis et de l’Union Européenne démontrent que faire cette distinction ne présente pas le moindre problème. Alexandra Baur, juriste travaillant pour le compte de l’Université de Zurich, expose l’application normative de l’initiative ainsi: «Dans le cadre de l’application de l’initiative “Stop à la spéculation sur les denrées alimentaires!”, la condition serait une exemption “bona fide” (de bonne Foi) de la couvertures des risques liée à l’achat de denrées périssables. Ainsi, aussi bien la spéculation opérée par des multinationales financières que du domaine des matières premières se verrait interdite.»

«Pour appliquer l’initiative “Stop à la spéculation alimentaire!”, il suffit de faire la distinction entre Couvertures légitime des risques et pure Spéculation, ce qui ne pose absolument aucun problème dans la pratique. La spéculation nuisible sera ainsi par voie légale purement et simplement interdite, dans bureaucratie inutile.» C’est par ces mots que Fabian Molina, le Président de la Jeunesse Socialiste Suisse, a résumé le concept d’application de l’initiative. «Nous espérons seulement désormais que ces arguments influeront sur les discussions entre parlementaires.»

Si vous avez besoin de plus amples informations:

  • Catherine Morand, Swissaid : 021 620 69 73
  • Fabian Molina, Président de la JS Suisse : 079 781 12 28
  • Gunter Stephan, économiste, Uni Bern : 031 631 45 05
  • Alexandra Baur, juriste, (Uni Zurich) : 076 467 86 93