Coup d’Etat en Guinée-Bissau: SWISSAID très inquiète

Coup d’Etat en Guinée-Bissau: SWISSAID très inquiète

Berne/Lausanne, le 19 avril 2012. SWISSAID, qui est l’une des seules ONG suisses à travailler en Guinée-Bissau, est préoccupée par les conséquences de ce nouveau coup d’Etat sur les projets qu’elle appuie dans ce petit pays d’Afrique de l’Ouest.

Le bureau de coordination de SWISSAID dans la capitale Bissau est fermé jusqu’à nouvel ordre, tandis que la population continue à quitter la ville pour aller chercher refuge à l’intérieur du pays. Les banques sont fermées, les projets soutenus par SWISSAID ne peuvent plus être approvisionnés. Les conditions de vie de la population risquent donc de se dégrader encore davantage, alors que la Guinée-Bissau est classé au 176e rang sur 177 selon l’Indice de développement humain.

L’originalité du travail de SWISSAID dans ce pays réside dans son appui à des organisations de la société civile, engagées pour promouvoir la démocratie dans un pays qui semble avoir de la peine à tirer un trait sur une longue tradition de coups d’Etat.

C’est ainsi qu’entre les deux tours des élections, SWISSAID a apporté son appui méthodologique et technique à ses partenaires que sont le Mouvement de la société civile et la Ligue des droits humains pour mener à bien une médiation entre toutes les parties prenantes, aux cotés d’autres organisations internationales. « Il s’agissait pour les organisations de la société civile de calmer le jeu et d’exhorter les candidats à respecter la loi électorale et la Constitution du pays », explique Pierre Kistler, chargé de programme de SWISSAID pour la Guinée-Bissau, de retour depuis peu du terrain.

Avant les élections, SWISSAID avait également soutenu un projet de sensibilisation de la population aux droits civiques, visant notamment à encourager les femmes des zones rurales à aller voter et à s’impliquer davantage dans la vie publique.

Mais actuellement, les deux radios privées Bombolom et Pindjiguity, appuyées par SWISSAID à Bissau, sont fermées sur l’ordre des militaires. C’est également le cas des radios communautaires, soutenues par SWISSAID, qui ne diffusent plus que de la musique et des informations sur la campagne agricole en cours.

« Nos partenaires et bénéficiaires sont en pleine campagne de collecte de noix de cajou, qui a lieu chaque année au mois d’avril, précise Pierre Kistler. Cette instabilité va avoir des retombées négatives pour eux, car il s’agit là de leur plus importante rentrée financière de toute l’année ». Les ports et l’aéroport sont actuellement fermés, ce qui risque de perturber l’exportation des noix de cajou, dont les prix ont déjà drastiquement chuté.

Si la majorité des agriculteurs bissau-guinéens cultivent de la noix de cajou destinée à l’exportation, SWISSAID apporte un appui à des projets de cultures vivrières qui permettent d’améliorer la sécurité alimentaire de la population.

Pour de plus amples informations, merci de prendre contact avec Pierre Kistler, chargé de programme de SWISSAID en Guinée-Bissau (de retour du terrain), tél. 031 350 53 56.