Quelle transparence dans le nouveau contrat négocié entre Areva et le Niger?

Quelle transparence dans le nouveau contrat négocié entre Areva et le Niger?

Après plusieurs mois de négociations le gouvernement du Niger Areva ont trouvé un nouvel accord sur l'exploitation de l'uranium. En faveur du gouvernement nigérien, semble-t-il. Mais la société civile s'interroge sur l'opacité qui entoure l'affaire et les retombées positives pour la population.

Mieux vaut tard que jamais! Après 18 mois d'intenses négociations, le renouvellement du contrat entre le gouvernement du Niger et le géant du nucléaire français Areva, concernant l'exploitation de deux mines d'uranium, a enfin été signé le 26 mai 2014. Areva a accepté de respecter une loi minière datant de 2006, comme le demandait, depuis bien longtemps, la société civile nigérienne. L'application de cette loi se traduira par une réduction des avantages fiscaux en faveur d'Areva et un doublement des redevances sur l'extraction d'uranium en faveur du gouvernement. Cependant l'entreprise française aurait d'ores et déjà obtenu des concessions vis-à-vis de la loi, notamment sur le paiement de la TVA.

Transactions opaques

Une opacité scandaleuse entoure toute l'affaire. La société civile nigérienne appelle donc à la publication des contrats. Cité dans un communiqué de presse d'Oxfam, Ali Idrissa du ROTAB, partenaire de SWISSAID, affirme «rester vigilants. Nous souhaitons que le contenu des accords soit rapidement rendu public: nous allons immédiatement demander leur publication, en application de l’article 150 de la Constitution du Niger. Nous suivrons les engagements pris et les activités des mines pour qu’elles bénéficient aux Nigériens». Les activités de la Somaïr et de la Cominak, deux sociétés exploitant les mines d'uranium dans le nord du Niger, contrôlées partiellement par Areva, seront donc suivies de près.

Quels bénéfices pour les populations

Pour ce qui est de la redistribution d'une partie de la manne financière en faveur de la population nigérienne, le combat ne date pas d'hier. Mais il n'est pas vain. SWISSAID soutient depuis plusieurs années deux réseaux de la société civile nigérienne, le GREN et le ROTAB, qui luttent pour que cesse le terrible paradoxe dont est victime le Niger: malgré un sous-sol extrêmement riche en uranium, mais aussi en or, en pétrole, sa population croupit dans une misère sans issue. Pour y remédier, un maximum des revenus tirés des matières premières doit rester dans le pays et être investi dans les infrastructures et les programmes de développement. Pour ce faire, l'Etat doit affirmer son rôle face aux multinationales comme Areva; et les élites résister au spectre de la corruption.