Transparence dans le secteur des matières premières: que fait la Suisse?

Deux conférences, organisées par SWISSAID le 16 janvier à Genève et le 17 janvier 2013 à Berne, donneront une vue d'ensemble de ce thème brûlant qu'est la transparence dans le secteur des matières premières et du rôle de la Suisse en la matière.

La tendance mondiale en faveur de la transparence est à la croisée des chemins. Aux Etats-Unis et au sein de l’Union européenne (UE), des lois demandant davantage de transparence dans les flux financiers générés par les matières premières ont été adoptées ou sont en voie d’approbation. Et l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE/EITI) est en train de revoir sa réglementation. Le débat s’enflamme autour de l’extension des règles en matière de transparence : les octrois de contrats et de licences doivent-ils aussi être rendus publics ? Et comment englober, outre l’extraction des richesses minières, le négoce de pétrole et de matières premières ?

Le devoir de la Suisse

La Suisse, en sa qualité de plus grande place du négoce de matières premières au monde, devra assumer sa responsabilité et apporter sa pierre à l’édifice de la réglementation globale de la transparence. Des rapports et des motions à ce propos sont en préparation au sein de l’administration et du Parlement. La conférence organisée par SWISSAID entend livrer une vue d’ensemble de ces tendances qui sont d’un intérêt crucial pour un secteur important de l’économie suisse. Au gré de la discussion avec les principaux acteurs, ce débat public examinera sous quelle forme et à quel rythme la Suisse relèvera ces défis.

Les matières premières ne profitent pas à la population locale, toujours démunie

La toile de fond du débat est le fait qu’en dépit d’une immense richesse en ressources minières, bon nombre de personnes dans des pays comme le Niger, l’Angola ou le Congo survivent dans un dénuement extrême. Cause essentielle de cette « malédiction des ressources » : le manque de transparence dans les milliards de flux financiers circulant entre les géants des matières premières et les gouvernements des pays d’extraction. Car ce n’est que lorsqu’elle sait combien d’argent afflue dans le pays que la population peut demander des comptes à son gouvernement, agir contre la corruption et la mauvaise gestion, contrôler et influencer l’utilisation des revenus des matières premières.

10 ans de lutte avec succès

Pour atteindre ces objectifs, la coalition d’ONG Publish What You Pay (PWYP) a été fondée il y a dix ans, suivie de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE/EITI), qui englobe des gouvernements, la société civile et des entreprises. PWYP compte désormais plus de 700 membres dans le monde et l’ITIE est active dans 37 pays pour plus de transparence dans les activités minières. Grâce à ces deux organisations, la transparence dans les flux financiers du secteur des matières premières, qui était il y a dix ans un secret d’Etat en bien des endroits, est aujourd’hui devenue un thème d’actualité largement débattu.