Conférence de Paris sur le climat: la Suisse doit urgemment faire plus

Conférence de Paris sur le climat: la Suisse doit urgemment faire plus

Berne, le 24 novembre 2015 – Deux semaines après les effroyables attaques terroristes, le monde entier se réunira à Paris pour la Conférence sur le climat (COP21). Ces terribles événements montrent une fois de plus l'importance d'une communauté internationale solidaire. Nous devons réussir à adopter un nouvel accord international sur le climat, équitable et porteur d’avenir. La Suisse a toutefois une position qui risque de miner sa crédibilité internationale et de menacer la conclusion d'un nouvel accord. Le temps manque pour changer de cap, car demain mercredi 25 novembre, le Conseil fédéral adoptera le mandat de négociation de la délégation suisse.

Le rideau commence à se lever sur la Conférence de Paris. Les projets de réduction des émissions de gaz à effet de serre que chaque pays a déposés ne suffisent de loin pas à respecter la limite maximale de 2°C d'augmentation de la température de l'atmosphère terrestre. Si cet objectif commun n'est pas atteint, cela conduira à une augmentation massive des dégâts et des pertes, qui seront directement dus aux changements climatiques.

Il n'y a toujours pas de plan concret sur la façon de mettre à disposition les 100 milliards USD par an promis pour les mesures d'urgence de protection du climat et d'adaptation dans les pays en dévelop­pement. Les pays industrialisés comme la Suisse devraient pourtant créer de toute urgence la con­fiance nécessaire en acceptant de fournir un soutien suffisant et fiable. S'ils ne le font pas, il n'y aura pas de nouvel accord complet sur le climat.

Pour que la Suisse apporte sa contribution à la résolution du problème, elle doit réduire ses émis­sions de gaz à effet de serre d'au moins 60% d'ici 2030. Et elle doit le faire chez elle. Il faut bien sûr soutenir les efforts de réduction à l'étranger, mais les comptabiliser dans ses propres mesures équivaut à un tour de passe-passe. De plus, la Suisse doit complètement renoncer aux énergies fossiles d'ici 2050. La Suisse doit en outre prévoir d'urgence la mise en place d'un soutien financier concret, jusqu’en 2020, d'un ordre de grandeur d'au moins 1 milliard CHF par an.

Comme le projet de l'accord qui devrait être adopté à Paris contient toujours des variantes contra­dictoires, les espoirs de la population mondiale reposent entièrement sur les chefs d'Etats et de gouvernement qui se réuniront à Paris pour la COP21. La Suisse doit, elle aussi, réviser urgemment sa position et ses objectifs, afin de ne pas menacer la conclusion d'un nouvel accord international efficace pour protéger le climat.

C'est pour cela que l'Alliance climatique exige que le Conseil fédéral améliore le mandat de négo­ciation de la Suisse pour la Conférence de Paris. L'Alliance climatique a détaillé ses revendications dans le document ci-joint (voir infobox).

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