Le nucléaire en Europe, à quel prix?

Le 18 octobre au Plais Eynard de Genève, l'association SWISSAID Genève a organisé une table ronde réunissant des acteurs locaux et internationaux sur le thème: "Le nucléaire en Europe, à quel prix? Les conséquences sanitaires de l'extraction de l'uranium sur les populations du Sud." Une soirée animée soulevant de nombreuses questions et incompréhensions face aux agissements de grandes entreprises, en présence d'intervenants de qualité et d'un public engagé.

L’uranium est le minerai indispensable à l’énergie nucléaire, élément central du développement économique européen. En France, le nucléaire représente 70% de l’énergie produite. Mais quelles sont les conséquences sociales de l’extraction de l’uranium dans les pays du Sud ? Quel est l’impact sur la santé des populations locales ? Les initiatives pour rendre cette extraction plus responsable sont-elles réussies ? La table ronde est revenue sur ces questions avec des spécialistes et connaisseurs du domaine. Le débat s'est tenu sur le cas particulier de l’uranium au Niger.

Programme

18h30 – 18h45: Introduction à la table ronde

  • René Longet, président de la Fédération genevoise de coopération
  • Sandrine Salerno, conseillère administrative de la ville de Genève
  • Denis Ruysschaert, vice-président de SWISSAID Genève

18h45- 19h00: Projection d’un extrait du film « La colère dans le vent » d’Amina Weira

19h00-20h00: Table ronde

Modération: Catherine Morand, responsable romande de SWISSAID

Intervenants:

  • Ali Idrissa, représentant de la société civile au Niger, coordinateur du ROTAB et de “Publiez ce que vous payez”
  • Dr Nicola Cantoreggi, spécialiste des questions d’environnement et de santé, Institut de santé globale de la Faculté de médecine UNIGE
  • Isabelle Chevalley, Vert’Libéraux

20h00-20h30: Questions avec le public

20h30-21h00: Apéro dînatoire

Remerciements: Ville de Genève, Fédération Genevoise de Coopération

Contexte

On estime qu’en France, près d’une ampoule sur cinq est éclairée grâce à l’uranium nigérien, alors qu’au Niger près de 90% de la population n’a pas accès à l’électricité. En effet, l’uranium nigérien représente près de 30% de la production totale d’Areva – multinationale française – qui assure la majorité de la production d’énergie nucléaire en France. Malgré la richesse du sous-sol du Niger et la manne industrielle que cela implique, ce pays reste le deuxième le plus pauvre au monde avec un des indices de développement humain les plus faibles.

L’exemple du Niger illustre tristement la théorie de “la malédiction des ressources naturelles” qui énonce qu’un pays riche en ressources naturelles se retrouve paradoxalement confronté à des problèmes de développement et à une pauvreté inextricable. Les activités des industries extractives dans les pays du Sud s’accompagnent très souvent de problèmes de redistribution des richesses, de transparence des revenus, voire même de corruption, liés au manque de régulations et d’Etat de droit dans les pays hôte.

SWISSAID Genève appuie depuis plus de 5 ans les organisations de la société civile nigérienne, grâce à des fonds de la Fédération Genevoise de Coopération (FGC). SWISSAID Genève soutient en particulier le Réseau des Organisations pour la Transparence et l’Analyse Budgétaire (ROTAB) qui demande plus de transparence et de justice sociale à l’Etat et aux entreprises multinationales exploitant les ressources naturelles du Niger. (www.swissaid.ch/fr/transparence-mines-niger).