Miguel Altieri, référence en matière d’agroécologie, prône un changement radical de notre modèle agricole.

Miguel Altieri, référence en matière d’agroécologie, prône un changement radical de notre modèle agricole.

Berne/Lausanne, le 3 juin 2015. Pour Miguel Altieri, professeur de l’Université de Berkeley (USA), référence mondiale en matière d’agroécologie, l’agriculture du futur doit miser sur les petites exploitations pratiquant une agriculture écologique et diversifiée. C’est le message qu’il a délivré lors d’une conférence co-organisée par SWISSAID le 3 juin à l’Université de Berne, et le 4 juin à l’Université de Neuchâtel.

Comment nourrir le monde? Cette question est d’une actualité brûlante, à l’Expo Milano, comme dans les commentaires qui accompagnent une proposition de rachat faite par le géant américain Monsanto à Syngenta. „Nous n’avons pas besoin d’encore davantage d’alimentation industrielle, mais bien plutôt d’un système de production durable et d’une répartition judicieuse des ressources“, a estimé le professeur Miguel Altieri lors d’une conférence à Berne, à la veille de celle qu’il donnera le 4 juin à Neuchâtel.

Miguel Altieri est le pionnier de l’agroécologie, un modèle qui mise sur les cycles naturels, une agriculture familiale, de proximité, qui respecte la diversité biologique et les savoir-faire traditionnels. C’est également le modèle agricole prôné par Jordan Gama, directeur du TOAM, une organisation partenaire de SWISSAID en Tanzanie; lequel a dénoncé les pressions exercées par l’agrobusiness sur les autorités de son pays, pour que la législation autorise l’introduction d’OGM, ce qui, selon lui, aurait des conséquences désastreuses pour les petits paysans. Son organisation forme des petits producteurs à l’agroécologie, ainsi qu’à la commercialisation de leurs produits bio.

„Dans les 9 pays du Sud où SWISSAID est active, nous prônons déjà depuis plusieurs années des méthodes agroécologiques“, rappelle la directrice de SWISSAID Caroline Morel. Ce changement de modèle agricole au niveau local fut recommandé dès 2008 par plusieurs centaines d’experts dans un Rapport sur l’agriculture mondiale. Stephan Rist du Centre for Development and Environment (CDE), qui a co-organisé la conférence à l’Université de Berne, insiste sur l’importance d’un nouveau modèle d’alimentation durable, qui permet de lutter contre la faim. Selon lui, la démocratisation des politiques alimentaires mondiales joue un rôle déterminant.

La conférence qui s’est tenue à Berne – avant celle qui a lieu à l’Université de Neuchâtel ce jeudi 4 juin – est parvenue à la conclusion que pour nourrir la planète d’une manière durable, il s’agit de s’engager résolument, au niveau politique, agricole et de la société civile, en faveur d’un système alimentaire plus juste, qui passe par des pratiques agroécologiques au lieu d’une agriculture industrielle, qui passe par une utilisation intensive des ressources naturelles.

Vous trouverez plus d’informations dans le Dossier de presse ainsi que dans la Prise de position de SWISSAID sur l’agroécologie.

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