Des relations commerciales Suisse – Birmanie d’égal à égal

Des relations commerciales Suisse – Birmanie d’égal à égal

Berne/Lausanne, le 19 février 2013. Les investisseurs suisses au Myanmar (Birmanie) doivent respecter les droits humains et les normes environnementales afin de contribuer au développement durable de ce pays du Sud-Est asiatique, qui connaît un boom spectaculaire. C’est ce que recommandent des parlementaires suisses, qui se sont rendus au Myanmar début février avec l’organisation suisse de coopération SWISSAID et la DDC. «Les relations commerciales doivent être menées d’égal à égal» a soutenu la conseillère nationale Doris Fiala (PLR/ZH) jeudi lors d’une conférence de presse organisée par SWISSAID à Berne.

Son ouverture politique a fait très rapidement passer le Myanmar (Birmanie) du statut de pays infréquentable à celui de favori des investisseurs. Cela représente une chance pour la population du pays, mais comporte également de sérieux risques. «Il n’existe aucun droit foncier moderne qui régit l’utilisation des terres», a témoigné la directrice de SWISSAID Caroline Morel lors d’une conférence de presse mardi à Berne. «Les autorités attribuent à des entreprises étrangères des terres cultivées depuis des générations par des communautés paysannes. Ce qui aggrave encore la situation alimentaire déjà très précaire dans de nombreuses régions rurales.»

SWISSAID est présente au Myanmar depuis une vingtaine d’années. En collaboration avec la Direction du développement et de la coopération (DDC), elle a organisé début février une visite sur place pour huit parlementaires suisses. La Suisse veut augmenter le volume de son aide au développement et a signé un protocole d’accord portant sur la coopération économique entre les deux pays. «Il est important que la politique suisse réalise que les investisseurs suisses au Myanmar sont tenus de respecter les droits humains et les normes environnementales», a expliqué la cheffe d’entreprise et conseillère nationale libérale-radicale du canton de Zurich Doris Fiala qui était du voyage. «Il faut que les relations soient menées d’égal à égal», a-t-elle encore estimé.

Le conseiller national Carlo Sommaruga (PS/GE) a quant à lui relevé l’importance primordiale que revêt désormais la société civile au Myanmar. «Celle-ci existait déjà sous la dictature militaire et ne part donc pas de zéro», a-t-il constaté. Aujourd’hui, les organisations que SWISSAID soutient, telle «Land Core Group», représentent un lien important entre la population et les autorités, y compris sur les questions foncières politiquement très sensibles. «La coopération suisse au développement doit intégrer de manière prioritaire cette dimension», estime Carlo Sommaruga.

«Depuis le mois de novembre 2012, la première ambassade suisse "intégrée" a été ouverte à Rangoun», a relevé la conseillère aux Etats Anne Seydoux (PDC/JU). Ce «projet pilote réunit et coordonne le travail diplomatique, celui de la politique de paix, l’aide au développement (DDC) et le Secrétariat à l’économie (seco).» Pour Anne Seydoux, cette approche offre la garantie d’une aide suisse efficace et concentrée dans les régions qui en ont le plus besoin, en faveur des populations les plus déshéritées, afin de favoriser la paix et la démocratisation du pays.

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