Une coalition d’ONG montre le carton rouge à l’initiative anti-droits humains

Une coalition d’ONG montre le carton rouge à l’initiative anti-droits humains

Berne le 12 août 2016. "Nous ne nous laissons pas déposséder de nos droits humains!" C’est ce que font savoir aujourd’hui clairement de nombreuses personnes, en montrant le carton rouge par une action en ligne contre l’initiative "Le droit suisse au lieu de juges étrangers. Le but réel de l’initiative populaire“. "Le droit suisse au lieu de juges étrangers” signifie la dénonciation de la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH). Un but que les initiants essaient de dissimuler. Sous prétexte que l’acceptation de cette initiative renforcerait les droits des Suissesses et des Suisses, ce sont les droits de nous tous qui seraient affaiblis.

"En politique, nous nous attendons à du fairplay!" C'est ce que l’action Facteur de protection D revendique, mais cette initiative populaire mène les citoyens par le bout du nez. Ces derniers temps, les initiants insistent manifestement plus souvent sur le fait que cette initiative ne serait pas dirigée contre les droits humains. La complexité du sujet les aide à en brouiller le sens et le but véritables. Mais celui qui parvient à déchiffrer l’initiative sait qu’il s’agit spécifiquement et entièrement d’une ruse tentant de dénoncer la CEDH. Aucun beau parleur n’y peut plus rien maintenant. Par exemple, la déclaration que l’on pourrait alors simplement ratifier à nouveau avec des réserves. Ce n’est pas du tout possible. On ne peut signer La CEDH que totalement ou alors ne pas la signer. Les initiants ne considèrent que comme dommage collatéral le fait qu’ainsi la Suisse met sciemment en danger tous ses engagements internationaux, et doit s’exposer à une résiliation de ses contrats.

Par la sortie de la CEDH, ils veulent limiter les obstacles à la mise en œuvre d’un plébiscite qui exclurait la lutte contre les droits fondamentaux. Pour y parvenir, ils sont prêts à déposséder toute la population suisse de la CEDH, en tant que protection la plus importante de leurs droits fondamentaux. Et par là même à affaiblir le standard minimum européen pour les droits humains. Les droits garantis par la CEDH sont ancrés dans notre constitution comme droits fondamentaux. Ils ne sont pas du droit étranger, mais au contraire du droit suisse. En Suisse, il n’existe pas de tribunal constitutionnel, lequel aurait pour tâche de veiller à la protection de nos droits fondamentaux. Cette protection nous est justement offerte depuis bientôt quarante-deux ans par la CEDH et nous lui sommes redevables de progrès importants dans le développement du droit suisse. Avec le carton rouge, Facteur de protection D s’engage pour un objectif conservateur: la protection des droits humains actuelle doit être maintenue en Suisse. L’amputation de nos droits humains signifie un affaiblissement de notre démocratie, de notre sécurité ainsi que de notre liberté. 

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