Avec vos équipes sur place, quelles sont les dernières améliorations marquantes?
Lukas Reinhard: Notre priorité est la lutte contre la faim. Malgré des contextes parfois difficiles, nous avons vu des améliorations dans de nombreuses zones de projets. Concrètement, nous avons amélioré la situation alimentaire d’environ 45’000 personnes depuis 2024. C’est notamment le cas en Équateur, où le projet «Guardianes del Páramo» a permis de diviser l’insécurité alimentaire par deux, la faisant chuter de 50 à 25%. Par ailleurs, l’introduction de l’indicateur MDD-W (Minimum Dietary Diversity for Women), développé par la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) et ses partenaires, a représenté un défi de taille.
Que mesure cet indicateur?
Il mesure la diversité alimentaire chez les femmes de 15 à 49 ans. Dans de nombreux pays du Sud, les femmes ont une alimentation moins diversifiée, car elles se privent – ou sont privées – au profit d’autres membres de leur famille. Nous avons défini les questionnaires avec des expert-e-s sur le terrain. Les données recueillies témoignent d’un bon travail préliminaire. Nous disposons donc d’une base de données solide pour les années à venir.
En quoi les enquêtes à grande échelle changent des anciennes méthodes d’évaluation?
Nous sommes actuellement en train de créer une base de données plus globale et étayée sur le plan international, qui nous permettra de mieux comparer les résultats entre eux. La sécurité alimentaire est évaluée selon l’échelle FIES, un standard validé mondialement. Nous avons complété l’échelle avec des indicateurs comme l’agroécologie, le genre, les semences et les revenus. Cela a donné naissance à une enquête modulaire, qui peut être adaptée en fonction du contexte et des activités du projet.
