L’agriculture familiale sous pression: des paysannes dialoguent pour relever les défis du futur et trouver des solutions

L’agriculture familiale sous pression: des paysannes dialoguent pour relever les défis du futur et trouver des solutions

Genève/Berne, le 6 octobre 2014. Dans le contexte de l’Année internationale de l’agriculture familiale, SWISSAID et l’Union suisse des paysannes et des femmes rurales organisent du 6 au 16 octobre à travers toute la Suisse un «dialogue entre paysannes» d’ici et d’ailleurs (Colombie, Tchad, Birmanie, Canada), pour échanger sur les défis auxquelles elles sont confrontées, et faire émerger des solutions. Le démarrage de ce «tour de Suisse» inédit a eu lieu ce matin à Genève.

Il existe dans le monde quelque 500 millions d’exploitation agricoles familiales qui produisent plus de la moitié de la nourriture que nous consommons. Cela n’empêche pas les familles paysannes d’être soumises à une pression croissante, qui menace leur survie: peu ou pas d’appui, privées de leurs lopins de terre au profit des grandes exploitations, sommées d’abandonner leurs propres semences. «C’est pourquoi SWISSAID soutient l’agriculture paysanne, écologique, et tout particulièrement les femmes, qui souffrent encore plus que les hommes de la faim qui affecte les paysans dans les pays en développement», a déclaré ce matin Mme Caroline Morel, directrice de SWISSAID. Le «Dialogue entre paysannes» qui démarre aujourd’hui à Genève ambitionne selon elle «de donner davantage de visibilité au rôle central joué par les paysannes dans le monde entier, de faire valoir leurs droits et leur permettre d’échanger sur les défis qui se posent à elles, souvent très similaires».

M. Luc Barthassat, conseiller d’Etat chargé du Département de l’environnement, des transports et de l’agriculture du canton de Genève, a estimé pour sa part que «les structures paysannes familiales qui sont prépondérantes en Suisse et dans le monde, sont à préserver», tout en relevant les similitudes existant entre la situation qui prévaut ici et sous d’autres cieux en matière d’agriculture familiale. Par exemple en Colombie, où, comme en Suisse, de nombreux paysans doivent abandonner leur exploitation familiale, car ils n’arrivent plus à en vivre. «C’est pourtant important que les paysans puissent vivre du travail de leur terre, comme cela, ils ne quittent pas la région», a témoigné Mme Yaini Isabel Contreras Jiménez, paysanne colombienne, qui fait partie de ce «Dialogue des paysannes» et se réjouit beaucoup d’aller à la rencontre des paysannes suisses.

L’exode rural est également une préoccupation pour M. François Erard, directeur d’AgriGenève, qui déplore qu’un nombre croissant de paysans stoppent leurs activités, aussi bien dans le  canton de Genève qu’ailleurs dans le monde. «Car seul un modèle d’agriculture familiale demeure à même de relever le défi de l’accès à la nourriture pour tous», a-t-il relevé. Quant à Mme Christine Bühler, présidente de l’Union suisse des paysannes et des femmes rurales, elle a estimé que «les femmes devraient avoir plus facilement accès à la propriété de leur terre» et cela sous toutes les latitudes. 

Le «Dialogue entre paysannes» se poursuit encore par une série d’événements publics organisés dans toute la Suisse, jusqu’au 16 octobre, où se déroulera une table-ronde dans le cadre de l’OLMA de St-Gall, à l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation. 

Pour de plus amples informations ou pour organiser une interview, merci de prendre contact avec Catherine Morand, SWISSAID, tél. 078 707 26 04