Les sociétés extractives font pression pour torpiller la loi sur la transparence

Les sociétés extractives font pression pour torpiller la loi sur la transparence

Aux Etats-Unis comme au sein de l'Union européenne, les sociétés pétrolières et minières montent au créneau pour combattre des lois exigeant davantage de transparence dans le commerce souvent opaque des industries extractives. La presse économique anglo-saxonne, pourtant très libérale, milite désormais en faveur d'une stricte application des mesures de régulation. SWISSAID, engagée en faveur d'une gestion transparente des matières premières, demande à la Suisse de s'engager à son tour sur cette voie.

Du jamais vu : "The Economist", chantre de l'ultra-libéralisme économique, prend position en faveur des lois américaines et européennes visant à contraindre les sociétés pétrolières et minières à davantage de transparence dans leurs transactions avec les pays producteurs. Le "Financial Times" lui a emboîté le pas pour fustiger l'intense lobbying exercé par les entreprises extractives, visant à torpiller ces lois et règles contraignantes.

Ces entreprises menacent en effet de porter plainte contre la Commission américaine des opérations de bourse (SEC) si les règlements d'exécution de lois sur la transparence ne leur étaient pas favorables. La loi en question veut contraindre les entreprises d'extractions minières à rendre publiques leurs contributions financières en faveur des gouvernements des pays producteurs.

Ce mécanisme permettrait pourtant de lutter contre la corruption et les astuces fiscales imaginées par les sociétés minières pour contourner la loi. Alors que les pays producteurs d'Afrique, d'Asie ou d'Amérique latine ont désespérément besoin de rentrées fiscales pour faire face à leurs obligations, les entreprises minières et pétrolières transfèrent leurs bénéfices dans des paradis fiscaux, y compris en Suisse.

SWISSAID, très impliquée dans la Campagne internationale Publiez ce que vous payez, exige qu'en Suisse également, une régulation stricte du secteur des extractions minières et une plus grande transparence soient mises en place. Ces revendications sont pour le moment restées sans effet. Avec l'annonce de la fusion des géants du commerce des matières premières que sont Glencore et Xstrata, la Suisse ne devrait plus pouvoir ignorer le vent du changement qui souffle du côté des Etats-Unis et de l'Union européenne.

Photo : Magnus von Koeller, Flickr