Rio+20 : Appréhension des pays en développement à deux jours du Sommet

Rio+20 : Appréhension des pays en développement à deux jours du Sommet

A Rio, Almoustapha Moumouni a pu être témoin des appréhensions partagées par les représentants des pays en développement sur la mouture du texte de la déclaration finale, issu des négociations qui se poursuivront jusqu’à la veille du Sommet officiel qui démarre le 20 juin.

Le consensus ne porte en effet que sur moins de 40% du texte. Des négociations informelles se poursuivent jusqu’au 18 juin, soit environ 24 heures avant l’ouverture du sommet officiel prévue pour le 20 juin. En parallèle se tient un Sommet des peuples dense et passionnant, dont les activités sont éparpillées dans cette immense métropole, avec parfois des trajets en bus de 2 à 3 heures d’une activité à l’autre. Arriver au bon endroit au bon moment est donc une gageure, et nécessite une très bonne organisation.

Almoustapha Moumouni se concentre sur les ateliers en lien avec le travail de SWISSAID sur le terrain. C’est ainsi qu’aux côtés de Kanni Abdoulaye, le coordonateur de la COPAGEN au Niger – la Coalition pour la protection du patrimoine génétique africain appuyée par SWISSAID – il a participé à un atelier sur les bonnes pratiques d’agriculture durable et le rapport IAASTD intitulé «Sécurité alimentaire, banques de semences et agro-biodiversité» au cours de laquelle il a fait une intervention remarquée.

Le représentant de SWISSAID au Niger a ainsi eu l’opportunité de partager les expériences menées par SWISSAID au Niger dans le domaine de la préservation des semences paysannes traditionnelles, et de leur nécessaire préservation contre l’introduction des OGM dans l’agriculture en Afrique de l’Ouest. Il a également partagé l’expérience de la campagne sur la biodiversité et la souveraineté alimentaire intitulée «Semences d’identité et d’indépendance» menée par SWISSAID et ses partenaires dans ce pays. Tout en insistant sur son impact positif: la transcription du droit à l’alimentation et la promotion de la souveraineté alimentaire dans la nouvelle constitution du Niger en novembre 2010. Kanni Abdoulaye a pour sa part présenté la COPAGEN, une coalition qui joue un rôle moteur dans la préservation du patrimoine génétique en Afrique de l’Ouest, et qui a suscité de nombreuses questions et beaucoup d’intérêt de la part du public.

Ce partage d’expériences a été très apprécié des nombreux participants. La présence du représentant de SWISSAID au Niger à Rio+20 est sans conteste un plus : il peut non seulement partager des expériences très concrètes, mais aussi enrichir sa pratique avec ce qui se fait ailleurs en matière de préservation des semences traditionnelles et de souveraineté alimentaire.

À suivre…

Almoustapha Soumana Moumouni, directeur du bureau de SWISSAID au Niger, représente SWISSAID à conférence de Rio + 20. Il nous livre chaque jour son point de vue de citoyen engagé au sein de la société civile nigérienne et de responsable d’une ONG suisse au Niger, très impliquée sur les questions d’agriculture, d’environnement, de réchauffement climatique, des thèmes qui figurent au cœur des négociations de Rio + 20.