Plaidoyer en faveur d’un partenariat public-public pour la gestion de l’eau

Plaidoyer en faveur d’un partenariat public-public pour la gestion de l’eau

Genève, le 22 mars 2012. A l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, l’association SWISSAID Genève a organisé à l’Université de Genève les 20 et 21 mars deux conférences de haut niveau intitulées «L’eau cotée en bourse», qui ont drainé un public nombreux, préoccupé par ce qui représente l’un des enjeux majeurs du 21e siècle.

De l’arsenal juridique régissant le droit à l’eau en passant par les expériences du terrain, les opérateurs privés et organismes publics, experts et ONG du Nord et du Sud ont mis en exergue la complexité de cette problématique et la nécessité d’œuvrer collectivement pour faire face à ce défi majeur. Des échanges parfois vifs ont eu lieu entre les opposants à toute privatisation de ce qu’ils considèrent comme un droit humain, et les intervenants favorables à une complémentarité entre les secteurs public et privé.

L’ambassadeur de Bolivie auprès des Nations Unies à Genève Angelica Navarro a insisté sur le rôle essentiel joué par son pays, qui a inscrit l’eau comme un droit humain dans sa Constitution au début des années 2000, après la mobilisation de ses compatriotes contre sa privatisation, encouragée par la Banque mondiale. Le projet de résolution sur le droit fondamental à l’eau et à l’assainissement adopté aux Nations Unies en 2010 avait d’ailleurs été présenté par la Bolivie, qui porte également ce message au sein du Conseil des droits de l’homme qui se tient actuellement à Genève. 

Mehdi Lahlou, économiste, spécialiste marocain de l’eau, a été clair : «Le drame des pays pauvres ou en développement est d’avoir pensé à tort que les problèmes liés à l’eau seraient résolus en confiant sa gestion au secteur privé.» Il est pour sa part favorable à une gestion de l’eau public-public, sur le modèle de l’expérience présentée par le maire de Genève Pierre Maudet, qui permet à la ville de Genève de partager son expertise en matière de gestion de l’eau avec Sofia, capitale de la Bulgarie.

Plusieurs intervenants aux conférences organisées par SWISSAID Genève ont d’ailleurs mené un vibrant plaidoyer en faveur d’une coopération renforcée entre collectivités publiques du Nord et du Sud, entre les villes par exemple.

Thomas van Waeyenberge d’Aquafed, une fédération internationale d’opérateurs privés dans le secteur de l’eau, a de son côté insisté sur le fait que «le secteur privé est une partie des solutions, et n’est pas le bouc émissaire et encore moins le problème». François Munger, responsable pour les questions de l’eau au sein de la DDC, ne dit pas autre chose, en relevant que la DDC collabore sur le terrain y compris avec Nestlé, d’une manière positive.

Pour de plus amples informations :
Marguerite Contat Hickel, présidente de SWISSAID Genève, tél. 079 275 04 78

Photos disponibles sur : www.flickr.com/swissaid

SWISSAID est active dans le domaine de la coopération au développement dans neuf pays d' Afrique, d'Asie et d'Amérique latine et prend également position en Suisse sur des questions de politique de développement. Environ 124 personnes travaillent pour SWISSAID dans le monde, dont 29 en Suisse. SWISSAID est financée grâce aux dons de ses généreux donateurs, et est également soutenue par la Direction du développement et de la coopération (DDC).