Niger: une action de protestation contre le groupe minier Areva interdite

Niger: une action de protestation contre le groupe minier Areva interdite

Un tribunal a interdit la tenue d’une manifestation contre des contrats inéquitables entre le Niger et le groupe minier français Areva. L’organisation ROTAB soutenue par SWISSAID n’abandonne pas le combat et exige qu’une plus grande partie des revenus provenant de l’exploitation de l’uranium reste au Niger. Actuellement, les négociations avec Areva sont au point mort. Les mines sont fermées.

Depuis 40 ans, le groupe étatique français Areva exploite de l’uranium au Niger. Dans cet État du Sahel, Areva extrait 40% de la matière première nécessaire au fonctionnement des 58 centrales nucléaires françaises. Pourtant depuis le début de l’année, deux sites miniers, Somaïr et Cominak au nord du pays, sont à l’arrêt. «Des travaux de maintenance tout à fait usuels», prétend Areva.

Toutefois, selon la société civile nigérienne, la vraie raison se trouverait ailleurs: «Areva veut faire pression sur le gouvernement du Niger», explique Ali Idrissa, coordinateur de l’organisation ROTAB soutenue par SWISSAID. En effet, actuellement ont lieu les négociations en vue du renouvellement de la concession pour l’exploitation des mines se trouvant autour de la ville d’Arlit, qui a pris fin en décembre 2013.

Le point litigieux concerne le montant des impôts: selon sa loi sur l’activité minière adoptée en 2006, le Niger veut augmenter l’impôt de 5,5 à 12% des revenus; de son côté, Areva se réfère aux accords passés interdisant toute augmentation d’impôt jusqu’en 2043. ROTAB a demandé au gouvernement de faire preuve de fermeté. Les négociations devraient être terminées d’ici fin février, mais pour le moment, elles sont au point mort.

Le Niger est l’un des pays les plus pauvres du monde. Pourtant la part du lion des revenus de l’uranium revient à Areva et ne profite en rien au peuple nigérien. Afin de protester contre cette injustice, ROTAB a appelé pour le 25 janvier à une deuxième action de protestation faisant suite à celle qui a eu lieu juste avant Noël, mais la manifestation a été interdite par un tribunal. ROTAB n’abandonne pas la lutte: de nouvelles manifestations sont annoncées pour le 6 février.

Par ailleurs, la Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) condamne vigoureusement la vague d’arrestations de journalistes qui sévit au Niger depuis le 23 janvier - une violation manifeste de la Constitution du 25 novembre 2010 qui reconnaît à toute personne le droit à la liberté de pensée, d’opinion et d’expression - et demande aux autorités d’arrêter les intimidations.