SWISSAID
appuie au Niger des organisations de la société civile qui luttent avec courage
en faveur d’une gestion transparente des revenus miniers et bientôt pétroliers.
Ces organisations dénoncent notamment l’octroi frauduleux et en catimini de
permis d’exploitation d’immenses gisements d’uranium et de pétrole à des sociétés
chinoises et occidentales – parmi lesquelles des firmes suisses - sans que la
population en soit informée. Une pratique courante sous le régime du président
Mamadou Tandja, renversé en février 2010.
Parmi les
personnalités proches du président Tandja, récemment arrêtées dans le cadre
d’une enquête sur l’acquisition frauduleuse de permis miniers, figure le propre
fils de l’ancien président ainsi que l’ancien ministre des mines. Le président
de la nouvelle junte Salou Djibo a récemment déclaré qu’il fallait
«récupérer l’argent détourné pour le ramener dans les caisses de
l’Etat». Reste à savoir si ensuite l’argent récupéré servira réellement à
améliorer les conditions de vie des Nigériens, qui croupissent dans une misère
sans issue, malgré le fait que leur pays figure dans le trio de tête des
producteurs mondiaux d’uranium, mais aussi d’or et bientôt de pétrole.
Le ROTAB
(Réseau des Organisations pour la Transparence et l’Analyse budgétaire), est l’une
des organisations de la société civile nigérienne appuyée par SWISSAID. Elle
relaie la campagne Publiez ce que vous payez au Niger, une campagne
internationale dont fait également partie SWISSAID en Suisse. Le ROTAB continue
à faire pression sur le pouvoir en place pour qu’il mette en place les
mécanismes d’une gestion transparente des revenus miniers. Quant au GREN
(Groupe de réflexion et d’action sur les industries extractives), également
appuyé par SWISSAID, il mène auprès de la population un indispensable travail
d’information sur les droits et les devoirs des uns et des autres dans le
domaine des industries extractives.
Les
organisations de la société civile demeurent donc vigilantes, y compris à
propos des promesses faites par la nouvelle junte au pouvoir d’organiser des
élections démocratiques d’ici mars 2012. De nombreuses exemples, tout
particulièrement dans des pays dont le sous-sol regorge de richesses, montrent
en effet que les promesses sont rarement tenues et que, selon la formule
locale, «l’appétit vient en mangeant».




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