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Au Niger, la lutte de pouvoir s’intensifie

«La situation est très tendue». C’est en ces termes que Ali Idrissa a décrit la situation dans son pays d’origine, le Niger, lors du symposium de SWISSAID sur les industries extractives à Zurich début juin. Ali Idrissa est le coordinateur du Rotab, une organisation partenaire de SWISSAID, qui s’engage pour une répartition équitable des revenus de l’extraction des matières premières. 
Suite aux derniers changements constutionnels controversés la tension est à son comble au Niger. L'opposition a appelé la population de s'opposer à ce qu'elle appelle le «putsch du président». Les représentants de la sociéte civile sont sous pression tandis que la liberté de la presse n'est plus garantie : un célèbre activiste nigérien des droits humains a été emprisonné sans autre forme de procès.

Le président du Niger, Mamadou Tandja a expliqué en avril dernier qu’il briguait un troisième mandat, bien que cela soit contraire à la constitution. Fin mai, il dissolvait le parlement et mettait sur pied un comité de révision de la constitution. Cette révision propose une période transitoire de 3 ans sans élection parlementaire ni présidentielle. Le conseil constitutionnel, ayant posé son veto, a également été dissout par Mamadou Tandja. L’opposition appelle à résister. «Le Niger n’est plus un état de droit» a déclaré le principal opposant au pouvoir, Mahamadou Issoufou .

Un conflit oppose l’armée gouvernementale et les rebelles dans le nord du Niger depuis 2007. Les nombreuses ressources naturelles dont dispose le Niger sont la cause de cette lutte de pouvoir, tant au nord qu’à Niamey, la capitale. En effet le Niger, dès la mise en exploitation de sa mine d’uranium à Imouraren, s’élevera au deuxième rang des plus grands producteurs d’uranium. La concession de la mine d’Imouraren appartient à Areva, entreprise française fournissant le combustible de toutes les forces atomiques suisses. Les clauses de ce contrat de concession ne sont pas du tout transparentes, comme d’ailleurs celles de celui qui lie le Niger à la CNPC, une entreprise chinoise qui compte exploiter des gisements pétroliers au Niger voire même construire une raffinerie et un pipeline.

Ce manque de transparence contredit l’Initiative pour la transparence des industries extractives (EITI), soutenue officiellement par la Suisse depuis début juin et à laquelle le Niger est inscrit comme pays candidat. Selon plusieurs observateurs, le président Mamadou Tandja espère grâce à un troisième mandat s’assurer la mainmise sur les gains de l’extraction du pétrole et de l’uranium. Mais ceux-ci doivent profiter à la population, non à une élite au pouvoir, et être investi dans la lutte contre la pauvreté, la formation et la santé. SWISSAID soutient depuis plusieurs années la société civile dans sa lutte pour atteindre ce but au Niger, au Tchad et en Guinée-Bissau. Plus»
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  • Déclaration du Front pour la défense de la démocratie (FDD) au Niger