Le choix de la destination ne tenait pas du hasard : l’entreprise «
Greenbioenergy SA » prévoit de construire à Delémont une usine de raffinage de
bioéthanol à partir de canne à sucre importée du Brésil. Un non-sens du point de
vue environnemental et du développement, disent les ONG de développement et le
Collectif contre l’importation d’agrocarburants à Delémont. Le conseiller
national Rudolf Rechsteiner, président de SWISSAID, l’a souligné : « La production des agrocarburants a
contribué à augmenter les prix des céréales et à expulser les paysans de leur
terre […] Il faut donc privilégier les sources renouvelables locales d’énergie
plutôt que d’importer des agrocarburants. »
« Il est simplement inadmissible que des gens meurent de faim pour que nous
puissions rouler propre », s’est exclamée Marguerite Contat Hickel, présidente de SWISSAID Genève, en relevant que les agrocarburants profitent avant tout aux grandes
multinationales et signifient des « cultures transgéniques en embuscade ». Et
Javiera Rulli, biologiste d’Argentine, de renchérir : « Le soja a du sang sur
les mains », en regrettant qu’une entreprise comme Monsanto, dont le siège est à
Morges, puisse bénéficier de crédits carbones tout en promouvant les OGM.
En ce sens, Liliane Maury-Pasquier a relevé les limites d’une « simple prise
de conscience des problèmes liés au réchauffement climatique et à la faim dans
le monde. Car elle peut ouvrir la voie à des remèdes qui aggravent le mal qu’ils
prétendent combattre ou qui ont des effets collatéraux absolument désastreux.
Ainsi, il ne s’agit pas de trouver des alternatives au pétrole, pour continuer
de nourrir prioritairement des voitures plutôt que des êtres humains, mais de
trouver des alternatives aux voitures elles-mêmes. » Et la conseillère aux Etats
d’appeler à la responsabilité individuelle en termes de choix politiques, de
consommation et de mode de vie.
Dans cette perspective, la présidente des paysannes du Cercle agricole de
Delémont et environs, Yvette Petermann, a appelé à acheter des fruits et légumes
locaux et de saison, ici comme ailleurs. Le conseiller national Jean-Claude
Rennwald a brisé une lance en faveur de l’agriculture biologique, qui est non
seulement bonne pour l’environnement, mais « réclame plus de main-d’œuvre que
l’agriculture conventionnelle ».
En conclusion, les participant-e-s ont soutenu les demandes au Conseil
fédéral du collectif organisateur, présentées par Michel Egger d’Alliance Sud :
un engagement fort – dans le processus de la Conférence de Copenhague – pour un
nouveau régime climatique durable et équitable, une réduction drastique des
émissions domestiques de CO2 (40% jusqu’en 2020), une aide financière et
technologique substantielle aux pays du Sud pour s’adapter aux changements
climatiques, un moratoire sur les importations d’agrocarburants.
Dossier complet d'Alliance Sud




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